La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

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Portez-vous pâle, Fred Vargas est revenue. Critique d’”un lieu incertain”

Publié par Van Breukelen sur 26 juin 2008

Avec la chaleur, Fred Vargas est revenue. Deux bonheurs dont le premier me chaut moins que le second. Fred Vargas, c’est la perfection du polar à l’écriture impeccable. Jamais de fausse note depuis “Debout les morts“. Rien à jeter. Le seul défaut de Fred Vargas, c’est qu’elle ne publie pas aussi vite que Frédéric Dard. Du coup, je me languis déjà du suivant. Fred, si tu me lis, vas-y fonce. 

Si j’attends fébrilement la suite de aventures de l’improbable Adamsberg, commissaire marcheur, tout fluide mais s’agrippant soudain à des petites choses apparemment anodines, comme des “solettes à la Plogoff”, c’est moins pour l’intrigue - impeccable, forte, passionnante et déroutante - que pour la puissance du style, la musique des mots, le caractère attachant des hommes et des femmes qui meublent chaque ouvrage de Fred Vargas. Et que certains trouvent répétitifs comme si on devait se lasser des bonnes choses.

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Deux drapeaux qui ont marqué l’Euro

Publié par Van Breukelen sur 18 juin 2008

Les derniers billets de la culotte ont résolument plongé leurs racines dans le sport. Roland-Garros puis Euro 2008 en Suisse obligent. Van Breukelen s’est dit alors que nos lecteurs peu sportifs dans l’âme allaient peut-être se détourner de notre blog si joyeusement éclectique et décalé. Donc, pour battre en brèche la tristement commune opinion selon laquelle sport et culture ne font pas bon ménage, j’ai décidé de vous parler de cette fabuleuse finale dont nous rêvons tous: Portugal contre Pays-Bas, les deux meilleures équipes de cet Euro quoique la Croatie ne soit pas loin derrière. Encore du sport ? Que nenni. Alors que Genève est bariolée de rouge et de vert, que les rues semblent chanter sans cesse “Pourtougal !!” et que Berne se noie dans une marée “oranje”, je me suis dit comme on se fait parfois des interrogations à la con: mais qu’est-ce que c’est que ce drapeau portugais si complexe ? Et pourquoi l’orange si le drapeau néerlandais est bleu blanc rouge ? Donc, en digne héritier du professeur Burp, je m’en vais vous narrer les dessous de l’Histoire par un petit cours de vexillologie.

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Les Tchèques et l’échec

Publié par Van Breukelen sur 10 juin 2008

Allons bon, le sport suisse se casse la gueule. Déjà que Nadal a réexpédié Federer sur la planète dont il est venu, oui Nadal, cet espèce de terrien pur qui s’est transformé on ne sait trop pourquoi en extraterrestre, voilà maintenant que les footeux helvétiques ont la gueule de bois et la peur au ventre.

Le choc des chiches Tchèques, qui, tchac, a le chic de faire choper à chaque Suisse l’envie de chercher l’oubli d’un échec aura-t-il l’effet pas chou de shooter l’Euro aux chiottes ? Et tchao donc les tchin-tchin qu’on s’attachait à chuchoter voire à chanter - champagne ou chasselas obligent - dans les chalons, salons pardon, avant que nous, challengers, chutions dans ce championnat !

Qu’on tire la chasse et qu’on revienne aux affaires sérieuses: les affaires bancaires, où, là, nous sommes moins ridicules. Enfin avant que l’UBS ne vienne à croire aux subprimes…

La fête du sport et l’ambiance subséquente va-t-elle dégonfler comme un soufflé qui déjà n’avait pas beaucoup pris ? Lisez la suite de cette entrée »

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Trois claques en chambre insonorisée

Publié par Van Breukelen sur 2 juin 2008

Les Suisses ont refusé ce week-end trois objets de votations émanant plus ou moins directement des populistes de l’UDC, qui, acceptés, auraient profondément modifié le pays. Les trois objets de votation avaient en commun l’idée d’un déplacement du pouvoir. Naturaliser par le peuple au lieu de passer par une commission ad hoc aurait déplacé le pouvoir de ceux à qui on l’a confié vers ceux qui le confiaient jusqu’ici, c’est-à-dire les citoyens. Supprimer le libre choix des médecins aurait confié le pouvoir aux caisses-maladie en lieu et place de tout un chacun. Enfin, empêcher le gouvernement de se prononcer sur des objets de votation aurait supprimé le pouvoir de l’exécutif de ce pays pour le confier à d’autres - aux partis essentiellement. Si ces étranges transitions de pouvoir avaient été acceptées, on aurait vu un message pour le moins paradoxal, deux objets plaidant pour le retrait de la confiance aux élus au profit du “peuple”, et l’un, sur la santé, pour le retrait de la confiance de ce même peuple dans leur discernement et leurs choix médicaux au profit d’entreprises lucratives que sont les assurances. Paradoxal en apparence puisque cela reste très cohérent avec une politique ultra-libérale: moins d’Etat mais plus pour les entreprises. Il ne reste pas moins que le peuple dont l’UDC se dit sans cesse soucieux est le parfait ludion de l’affaire.

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De l’art ou du cochon? Godard au journal télévisé

Publié par Van Breukelen sur 29 mai 2008

Godard n'a pas seulement filmé le mépris, il le suscite aussiLe 14 mai 2008 a eu lieu une inédite et très intéressante expérience lors du journal télévisé de la chaîne publique romande tsr. Tous les sujets du JT - on dit TJ en Suisse - ont été confiés à des réalisateurs de cinéma helvétiques plus ou moins connus. Il s’agissait de lancer le Festival de Cannes. De l’avis de plusieurs, l’expérience a été un succès impressionnant - tellement unanime que cela a dû donner la honte aux réalisateurs habituels. Ce qui a été présenté comme le clou de la soirée a été cependant beaucoup moins unanimement reconnu. La tsr a en effet réalisé l’exploit de sortir Jean-Luc Godard de sa tanière pour lui arracher une participation au grand rendez-vous traditionnel de l’actualité. Résultat, plus de 3 minutes incompréhensibles. Jugez sur pièce.

Les avis des téléspectateurs plus ou moins anonymes ont été très tranchés. Les uns soulignent la majesté d’un poème incantatoire, beau comme un vol de libellule au ralenti, d’autres parlent plus prosaïquement de foutage de gueule. Attitude nombriliste d’un cinéaste qui ne se préoccupe que de sa gloire en se fichant éperdument du quoi qu’on en pense, mais surtout de quoi qu’on en comprenne? Peut-être, mais ce serait attaquer l’homme et non l’objet qu’il propose (notez que je ne parle pas d’oeuvre et ceux qui voudraient savoir ce que je pense de cet objet télévisuel non identifié en seront pour leurs frais, car ce qui m’intéresse est ailleurs).

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“A genoux” de Michaël Connelly ne nous y met pas

Publié par Van Breukelen sur 26 mai 2008

Dans le panthéon des écrivains de polars incontournables, y compris pour les éditeurs qui doivent y voir la poule aux oeufs d’or, Connelly figure en bonne place. Rien que pour avoir inventé un flic portant le nom de Hieronymus Bosch, il mérite mon respect. Le Bosch donc, teigneux têtu qui tient tête à tout, est un animal genre bulldog croisé avec un morpion: il mord là où ça dérange et il ne lâche jamais. Ce qui le rend attachant - évidemment - et passionnant. Quand un nouveau Connelly sort en librairie, et le bougre n’arrête pas de produire, mon premier réflexe est de chercher Bosch en 4e de couverture. Quoique la “Défense Lincoln” ne soit pas mal non plus. Mais je suis attaché à Harry comme une puce à un chien.

Donc, j’ai su que j’achèterai “A genoux”, le dernier Bosch en date, dès que j’ai mis les pieds dans ces infernaux magasins où je sors toujours plus lourd du poids des mots et plus léger du poids des sous. Et, malgré du boulot par dessus tête, je n’ai pu résister à liquider l’ouvrage en deux petites soirées. Avant de pousser un gros soupir.

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Vilaine came: les colas “light”

Publié par Van Breukelen sur 23 mai 2008

J’aurais pu fonder un club des Cola-addicted dont on m’aurait élu président assez aisément (que je dis sans modestie). Le test des yeux fermés, je l’ai passé : je différencie sans problème Pepsi Light, Max, Coca normal, Coca Light, Virgin et plus si affinités… En 1982, l’entreprise d’Atlanta fait un énorme coup en sortant un breuvage qui a à peu près le goût du Coca normal - il faut un temps d’adaptation pour les habitués du classique - mais qui n’a pas de calories ni de sucre. Excusez-moi, mais sur le papier, c’est de la bombe. La consommation régulée du Coca normal par des parents justement soucieux du poids et des dents de leur progéniture se voit libérée. Désormais, plus rien n’empêche une consommation quotidienne si ce n’est la somme d’argent à mettre pour ce vice. J’y allais donc de mon litre et demi par jour. Minimum. Mais j’ai pu constater autour de moi et ailleurs que je n’étais pas le seul à être un drogué de la chose…

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La censure, une sangsue sans solution

Publié par Van Breukelen sur 19 mai 2008

La campagne sur les naturalisations dites démocratiques - ah les infinies possibilités du langage - bat son plein. En gros, il s’agit d’autoriser légalement le délit de sale gueule, voire de sale nom et de déclarer que le citoyen lambda peut décréter le citoyen non-lambda voire un peu plus sur les bords indigne du passeport rouge à croix blanche. La campagne nauséeuse de l’UDC, dont a parlé le fureteur ici-même, renoue avec les affiches des années trente mettant en scène des mains coupables d’envie.

Du coup, une action de graffitage d’affiches a été organisée ainsi que des interdictions d’affichage décrétées par certaines communes. Sur le principe, on peut comprendre. On peut même estimer que l’affiche est limite par rapport à l’article de loi sur le racisme. Et donc proclamer qu’on a la loi pour soi. Oui, mais…

Maculer les affiches ou les interdire ne consiste pas seulement à protester. Cela consiste à ne pas contre-argumenter et à avouer sa peur de l’influence des affiches malodorantes. La censure, affirme Wikipédia, est la limitation arbitraire ou doctrinale de la liberté d’expression de chacun. Croire que l’on va résoudre les problèmes en vidant l’affiche de sa substance par des procédés de censure n’est rien d’autre qu’avouer que l’affiche dénoncée est persuasive et que l’on a pas d’autre moyen d’imposer sa propre vision du monde que d’interdire une vision adverse. Corollaire: censurer l’affiche consiste à de nouveau en parler. Merci pour la publicité gratuite doit se dire l’UDC qui a bien sûr communiqué sa colère par rapport à de tels actes, communiqué qui a bien sûr été repris par tous les médias et qui a donc fait connaître à certaines personnes les actions entreprises contre l’affichage public.

Censurer, avouer sa peur de l’efficacité de l’affiche, revient à considérer les citoyens comme des moutons. Ce que l’UDC a d’ores et déjà démontré par une affiche qui a assez fait parler d’elle. En voulant donner tort au parti populiste, on lui donne paradoxalement raison. Et on montre qu’on ne cesse de se faire écraser par le bulldozer communicationnel du Volks Partei.

Herman van Breukelen

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Avoir LA frite: retour de Bruxelles

Publié par Van Breukelen sur 16 mai 2008

Au risque de passer pour une véritable caricature de moi-même, je suis récemment revenu d’un voyage dans mon pays d’origine, ce plat pays qui est le mien et qui est secoué par une crise. Je ne veux pas parler de la crise politique avec un Flamand qui a un nom francophone et des francophones qui se disputent à propos d’un BHV qui est un vrai bazar que personne ne comprend. Non, je veux parler d’une crise plus grave encore car elle touche à l’identité même du pays. Celle de la frite. Le prix de celle-ci a pris l’ascenseur alors que la patate, elle, est restée au rez. Du coup, le ministère s’étrangle. Vincent Van Quickenborne, le ministre de l’Economie et de la Simplification administrative (sic), fait diligenter une enquête “afin d’expliquer la différence de prix entre les pommes de terre et les cornets de frites”. Une affaire nationale, on vous disait. Reportage.

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De la catharsis à la catastrophe ?

Publié par Van Breukelen sur 6 mai 2008

Violence ordinaire. La rencontre même de ce nom avec cet adjectif est représentative d’un problème social. La force et l’injure règnent. Dans les cours d’école, dans les stades (des calicots débiles jusqu’aux morts de supporters), au travail (l’invention récente du mobbing). Même la supposée dignité des élus est mise à mal, fragilisée par l’omniprésence banalisée des caméras et appareils photos.

Le phénomène est d’une complexité inouïe, ses causes sont multiples. Et ce n’est pas un ridicule billet dans un blog qui permettra de trouver la pierre philosophale qui transformera le plomb dont on fait les balles en or dont on fait les alliances.

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