La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

Poison d’avril

Posted by Van Breukelen sur 2 avril 2008

L’une des valeurs cardinales du journalisme est la crédibilité de l’information. Jour après jour, tous les médias offrent des nouvelles en principe vraies. Même une rumeur a, par son existence, une part de vérité : il est vrai qu’un bruit court sur tel ou tel individu mais la rumeur ne dit pas forcément vrai. Vous me suivez ? On se trouve certes dans une zone grise du journalisme, où peuvent se poser des problèmes d’ordre éthique sur la diffusion ou non de l’ « information ».

Si diffusion il y a, alors le média doit afficher une certaine prudence, par l’usage d’un conditionnel que certains linguistes appellent même journalistique. Une bombe explose et l’usage de conditionnel aussi : il y aurait douze morts et 68 blessés.

Utiliser tout autre temps que le conditionnel peut d’ailleurs constituer une entreprise risquée. Si je dis « Nicolas Sarkozy a envoyé un SMS à son ex-femme affirmant : « Si tu reviens, j’annule tout ! » », cela suppose que j’ai vérifié l’information. Si cela n’est pas le cas, c’est la cour martiale.

Tout cela est vrai et bon. Sauf le 1er avril. Une déplorable habitude veut que le 1er avril, chaque média a le droit de diffuser une fausse information qui a tous les oripeaux de la vérité. La débusquer est parfois facile. Parfois plus dur. Je me souviens par exemple d’une année où « Le Matin » a eu l’idée de faire un concours pour découvrir la fausse information. Le poisson était qu’il n’y avait pas de fausse information. Le gag est douteux, mais révélateur.

Faisons l’expérience. Prenons le site internet du Matin du 1er avril 2008. « L’UBS annonce 12 milliards de pertes ». Si cela avait été en 2002, tout le monde aurait trouvé le poisson d’avril. En 2008, cela pourrait bien être vrai. « Pas de procès pour le tueur de prof » : ah ah poisson d’avril ! Tiens, non… « Max Mosley dans la peau d’un bourreau nazi » : ça, c’est énorme. Le voilà le poisson. Ah ben tiens non, d’autres médias de référence en parlent : par exemple le News of the World. « Le Bypass offrait aux filles des boissons alcoolisées avant minuit ». C’est suspect ça, une boîte de nuit qui « offre » des boissons. On ne me fera pas avaler cela. Ah, c’est vrai… Ah bon… « Forfait fiscal pour tous les Vaudois ! », ça, ce n’est pas une nouveauté : j’ai toujours déclaré forfait devant les impôts.

Le véritable poison d’avril, c’est qu’on se rend compte que le vrai est souvent incroyable.

H. van Breukelen

  • Crédit photo: arimoore sous licence CreativeCommons
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2 Réponses to “Poison d’avril”

  1. Beulemans said

    Beulemans fait assavoir au sieur Van Breukelen que parler de la valeur « Cardinal » du journalisme est une publicité subliminale et qu’il a donc le droit de porter plainte ici même et ailleurs aussi d’ailleurs pour ceux qui seraient pas ici au nom des brasseries Beulemans et De Meulemeester qui n’apprécient pas cette publicité suisse dissimulée dans un article qui a rien à foutre avec le houblon. Na.Mais on va quand même pas monter sur un ring pour Boxer.

  2. […] anniversaire. C’est en effet le 2 avril 2008 que sortait dans la blogosphère l’article poison d’avril qui entamait la phase de test de ce blog collectif. Et alors ? pas assez de ceci, trop de cela : […]

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