La culotte à l’envers

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L’amour, ce sentiment poisseux. Critique d' »Un sur deux » de Steve Mosby

Posted by dragon buté sur 18 avril 2008

 S’il y a bien deux choses qui ne vont pas ensemble, c’est le thriller et l’amour. Comme porter du jaune et du violet. Ou comme une clope avec un jus d’orange.

Ceux qui ont tenté s’y sont cassé la plume. Pas par manque de talent, certainement. Mais c’est le genre qui veut ça. Dans le thriller, l’amour peut être présent, mais en filigrane et par petites touches. Il n’est en aucun cas l’un des ressorts principaux de l’intrigue. Au plus, il explique les réactions de certains personnages. Au plus! Pour le dire crûment, c’est plus souvent du cul que de l’amour.

Avec « Un sur deux », Steve Mosby a tenté l’exercice et l’a assez bien réussi. Rien que pour cela, son premier roman traduit en français vaut la peine…

Si la facture d' »Un sur deux » est très classique et qu’elle ne révolutionne pas le genre, c’est donc dans ce sentiment poisseux qu’est l’amour qu’il convient de chercher l’orginalité du livre. Car l’intrigue est assez bien construite et les personnages fouillés. Mais ce n’est certainement pas cela qui nous empêche de lâcher ce bouquin une fois commencé. Alors quoi?

Ici, l’amour est le thème central de l’intrigue, la ligne de fond du roman et le ressort de chacun des personnages. Pas le sentiment fleur bleue, non! Mais celui qui peut dévaster et qui fait apparaître une part de l’âme, là où tout n’est pas joli-joli. Mosby parle amour comme un mécanicien fouille une voiture pour y trouver la panne. C’est brusque, impudique et violent.

Mais attention, l’auteur ne cherche pas à décrire la relation qui unit deux personnes. Il scrute ce que l’amour fait à celui qui le ressent. Ce que ça peut avoir de profond, d’instinctif, d’engluant et de dévastateur sur une personnalité.  Et c’est cela la véritable originalité d' »Un sur deux ».

Mosby s’attache ainsi à démontrer combien l’être humain peut se mentir à lui-même lorsqu’il pense: « J’aime l’autre plus que ma propre vie ».  Il teste son hypothèse en mettant en scène des amants pris en otage par un tueur psychopathe qui leur demande de choisir entre leur vie ou celle de leur conjoint. Et démontre avec brio que l’amour ne surpassera jamais l’instinct de survie.

Que ceux qui en doutent évitent « Un sur deux ». Les autres savent ce qu’il leur reste à faire.

Extrait, page 42.

Après plus de trente ans de vie commune, il aurait quand même été malheureux que [John] ne puisse pas lire entre les lignes.
– Je suis trop vieux pour m’enfuir, avait-il répondu.
– C’est la seule raison?
Il avait réfléchi.
– Trop fatigué, aussi.
– Dans ce cas, ça va.
Sauf qu’elle aussi savait lire entre les lignes, et il ne lui avait pas échappé que si la première réponse avait été lâchée sur le ton de la plaisanterie, il avait davantage pesé ses mots pour la seconde.

Steve Mosby, « Un sur deux », (« The 50/50 killer »), 2008, Editions Sonatine.

Vidéo de lancement du roman:

Dragon buté

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2 Réponses to “L’amour, ce sentiment poisseux. Critique d' »Un sur deux » de Steve Mosby”

  1. mes colles said

    je trouve que c’est pas sympa de dénoncer les lectures de sa maman sur le web.

    m c

  2. Ann said

    Que tu saches ma douce, le violet et le jeune sont deux couleurs totalement complémentaire…bon, il est vrai que je m’imagine mal fardée d’un vêtement de chaque teinte, mais là il s’agit d’une question de bon goût uniquement.
    Forte de ce constat, il a l’air bien ce livre…tu me le prête ?

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