La culotte à l’envers

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La censure, une sangsue sans solution

Posted by Van Breukelen sur 19 mai 2008

La campagne sur les naturalisations dites démocratiques – ah les infinies possibilités du langage – bat son plein. En gros, il s’agit d’autoriser légalement le délit de sale gueule, voire de sale nom et de déclarer que le citoyen lambda peut décréter le citoyen non-lambda voire un peu plus sur les bords indigne du passeport rouge à croix blanche. La campagne nauséeuse de l’UDC, dont a parlé le fureteur ici-même, renoue avec les affiches des années trente mettant en scène des mains coupables d’envie.

Du coup, une action de graffitage d’affiches a été organisée ainsi que des interdictions d’affichage décrétées par certaines communes. Sur le principe, on peut comprendre. On peut même estimer que l’affiche est limite par rapport à l’article de loi sur le racisme. Et donc proclamer qu’on a la loi pour soi. Oui, mais…

Maculer les affiches ou les interdire ne consiste pas seulement à protester. Cela consiste à ne pas contre-argumenter et à avouer sa peur de l’influence des affiches malodorantes. La censure, affirme Wikipédia, est la limitation arbitraire ou doctrinale de la liberté d’expression de chacun. Croire que l’on va résoudre les problèmes en vidant l’affiche de sa substance par des procédés de censure n’est rien d’autre qu’avouer que l’affiche dénoncée est persuasive et que l’on a pas d’autre moyen d’imposer sa propre vision du monde que d’interdire une vision adverse. Corollaire: censurer l’affiche consiste à de nouveau en parler. Merci pour la publicité gratuite doit se dire l’UDC qui a bien sûr communiqué sa colère par rapport à de tels actes, communiqué qui a bien sûr été repris par tous les médias et qui a donc fait connaître à certaines personnes les actions entreprises contre l’affichage public.

Censurer, avouer sa peur de l’efficacité de l’affiche, revient à considérer les citoyens comme des moutons. Ce que l’UDC a d’ores et déjà démontré par une affiche qui a assez fait parler d’elle. En voulant donner tort au parti populiste, on lui donne paradoxalement raison. Et on montre qu’on ne cesse de se faire écraser par le bulldozer communicationnel du Volks Partei.

Herman van Breukelen

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