La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

La Suisse et son Euro: une victoire, des si et des regrets

Posted by blongo sur 16 juin 2008

Dimanche 15 juin, une page se tourne pour l’équipe suisse de football. La Nati a contre toute attente dominé le Portugal et remporté son premier match dans un Euro, les Helvètes quittent leur tournoi sur une bonne note, Köbi et Zubi s’en vont et les regards se tournent déjà vers l’Afrique du Sud dans 2 ans. Un sourire pour les amoureux du foot suisse, mais un sourire avec un filet de hargne au coin de la bouche.

Avec la défaite in extremis des Tchèques contre la Turquie, on rage encore de ce match perdu dans les arrêts de jeu contre la Turquie. Un tout petit rien et tout un pays serait en fête ce soir. Entre la gloire et l’amertume, il n’y a rien du tout. Si ce but malheureux avait été manqué, si la Suisse avait obtenu le nul, si, si, si…

Les mauvaises longues, dont blongo se félicite de faire partie, peuvent énumérer mille raisons et hypothèses qui auraient propulsé la Nati en quarts. Mais mille raisons qu’on peut aussi repousser d’un revers de main. Comme quoi le foot est fait de paradoxes et de théories souvent abracadrabrantesques! Petit florilège…

Si la Slovaquie, le Liechtenstein et le FC Franches-Montagnes s’étaient miraculeusement retrouvés dans le groupe de la Suisse. Mais malheureusement, on ne vit pas au pays des bisounours.

S’il avait plu pendant tout le match contre la Turquie. Si Ronaldo était né à La Brévine et van Nistelroy avait vu le jour à Vuisternens-en-Ogoz. Mais la natalité y est bien trop faible.

Si la cheville de Barnetta, ah la cheville de Barnetta. Mais n’est pas Terminator qui veut.

Si le genou d’Alex Frei avait été entouré d’une sphère de protection fulguro-magique. Mais on ne vit pas à Goldorakland.

Si Marco Streller avait été un buteur. Mais on ne va pas en rajouter.

Si l’Ovomaltine et les Ricola avaient vraiment les effets qu’on leur attribue. Mais le dopage est fermement interdit par la charte olympique.

Si les matches s’arrêtaient après 90 minutes et non 93. Mais pourquoi pas 18 ou 36 aussi?

S’il y avait eu à chaque match 5 Behrami et 5 Inler. Mais l’ubiquité n’est jamais sortie des livres de science-fiction.

Si un nombre décent de buteurs avaient été sélectionnés. Mais Yakin, le meilleur buteur suisse, n’est pas vraiment un attaquant, donc pas besoin de vrais attaquants, mais seulement de vrais marqueurs.

Si Huggel avait été un footballeur. Mais on ne va pas l’enfoncer plus qu’il ne faut.

Si du sang de Robben, Snijder, Villa ou Podolski avaient été injectés à Gygax, Vonlanthen, Grichting ou Huggel. Mais laissons ces pratiques douteuses aux cyclistes.

Si les buts étaient de 10 cm plus larges. Mais il y aurait 4-5 et non 0-1 contre les Tchèques.

Si on avait engagé un orque comme gardien de but. Mais Tolkien préférait indubitablement le polo au football.

Si des dragons volants aux couleurs de la Suisse avaient effrayés les Tchèques. Mais J.K.Rowling n’est pas une fan de foot.

Si Philipp Degen utilisait son énergie rieuse à marquer des buts. Mais on peine à jeter la pierre aux gais lurons.

Si le FC Aarau avait un vivier formateur aussi fort que l’Ajax. Mais l’océan n’est pas aussi vaste en Suisse qu’ailleurs.

Si Federer avait persévéré dans le monde de la grosse balle à carreau. Mais il ne nous aurait pas autant enchantés dans celui de la balle jaune.

Si les Portugais abusaient de fendant, les Tchèques de fondue et les Turcs de cervelas, ils auraient couru moins vite. Mais malheureusement gastronomie et sport de haut niveau ne font jamais bon ménage.

Si le penalty obtenu contre le Portugal avait été accordé contre la République tchèque. Mais les arbitres sont des hommes faillibles comme tous les autres.

Si, si, si, toujours des si. Mais à l’heure du bilan, l’Euro suisse continue sans l’Helvétie. Et la fête va continuer, on va suivre l’exemple des battus portugais du jour, qui ont aligné une équipe B sur le terrain mais qui sont toujours les rois de la fête.

On part avec une belle victoire, c’est pas si mal. Mais on a des regrets, on a des sourires, on aurait voulu plus. Mais à quoi bon s’appesantir. Saluons plutôt le buteur Hakan, les blessés Alex et Tranquillo et les retraités Zubi et Köbi.

Et surtout le Köbi national. Des petits riens et il aurait été un héros. Des petits riens et il a subi mille critiques. Certes, ses choix tactiques ont souvent été discutables, son manque d’audace a parfois pesé, son flegmatisme a paru ici ou là proche de la mollesse. Mais après 7 ans de bons et loyaux services, on va presque le regretter avec sa bobine de grand-papa gâteau. Alors bon vent Köbi, tu pars sur un succès perdu ou une défaite victorieuse, et bonne retraite!

blongo

Credits photos: cmicblog et c.stucki sur Flickr.

Publicités

Une Réponse to “La Suisse et son Euro: une victoire, des si et des regrets”

  1. […] La Suisse et son Euro: une victoire, des si et des regrets […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :