La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

Vive la Bretagne, vive les Bretons. Critique de « 7200 minutes » de Maloh

Posted by blongo sur 24 juillet 2008

Maloh, star en devenir ou feu de paille?

Maloh, star en devenir ou feu de paille?

Difficile d’être un ou une jeune artiste espérant faire découvrir son talent et sa musique. Toute l’année, il faut se battre sans relâche pour parvenir à être un tant soit peu connu ou reconnu. Et pour l’amateur lambda de musique, il est souvent difficile de démêler le bon grain de l’ivraie, comme pour le bon cycliste du cycliste adoptant de mauvais procédés pour conquérir la gloire. Devant la masse de disques qui sortent chaque année, on ne sait plus vers quelle partition danser.

Toutefois, çà et là émergent des talents, qui escaladent le Tourmalet de l’actualité musicale jusqu’à arriver au sommet des meilleures ventes. Pourquoi, comment apparaît un artiste, pourquoi, comment un autre reste dans l’anonymat complet, on peine à y voir clair dans le peloton des prétendants. Et certains passent d’une catégorie à l’autre sans que l’on en comprenne la raison.

Se faire une place au soleil de la chanson, en face de Renan Luce, Aldebert ou Sinsemilia, n’est pas facile. Surtout sans passer par la filière TV, comme Olivia Ruiz, Christophe Willem ou Gaëtane Abrial. Et certains y parviennent, sans toutefois faire les unes des magazines ou les émissions phares de l’audiovisuel. Citons par exemple Constance Amiot, Elisa Tovati ou Loane.

Ah le bon air frais de la Bretagne...

Ah le bon air frais de la Bretagne...

Mais qui sait ce que deviendront ces artistes à la célébrité fragile d’ici quelques années. Au placard ou sur l’Everest? Il y a 20 ans, les années 80 ont fait éclater nombre de stars qui ont ensuite plus ou moins rapidement disparu (David et JonathanJackie Quartz et mille autres). N’est pas Michel Sardou qui veut et beaucoup se sont évanouis.

Tout cela pour dire qu’on ne sait jamais vraiment quoi penser lorsqu’on découvre une nouvelle voix. On aime, mais on hésite encore. On ne sait pas si ce n’est qu’un feu de paille ou si on va apprécier à plus long terme. On adore, mais on a aussi l’impression d’avoir déjà entendu cela quelque part. Mais on tente le coup, avec l’attrait de la découverte.

Cette impression étrange règne à l’écoute du premier CD de Maloh, un jeune Breton de 21 ans, qui vient de sortir « 7200 minutes ». Quid de ce jeune homme? Nous, on mise sur un talent, mais rien n’est moins sûr. Ce p’tit gars a quelque chose de Renan Luce et une touche de Raphaël, ça promet.

En plus, ses textes et ses mélodies fleurent bon la Bretagne. On a rapidement l’impression d’être à St-Malo ou à Perros-Guirec, à lutter contre le vent et les fous de Bassan, une grosse gabardine sur les épaules, la pluie nous caressant le cuir chevelu. Avec cet auteur-compositeur-interprète, on entend fréquemment les vagues s’écraser sur les rochers. Et c’est très plaisant.

Maloh prendra-t-il de la hauteur?

Maloh prendra-t-il de la hauteur?

Sur un ton qui aurait plu à Balzac, Maloh narre simplement de petites scènes de la vie quotidienne. Sans chichi, mais avec style. Parfois grave, parfois drôle, mais toujours juste.

On aime particulièrement le très raphaélien « C’est grave docteur », le vague à l’âme de « Coeur à quai », le berçant « Monsieur Parapluie » et le duo avec Amélie-les-crayons sur « Draps dessus draps dessous ». Et, évidemment, « Quidam », qui pourrait émoustiller tous ceux qui rêvent de devenir un superman des temps modernes, un batman sans ses longues oreilles. C’est beau, c’est fort, c’est grand. Mais quand on se découvre dans le miroir au petit matin « épais comme une allumette, carré comme un cake », comme le dit Maloh, on fait moins le malin.

Et, pour terminer, petite anecdote sur notre nouvel ami Maloh: selon sa bio, le bougre est un ancien étudiant en journalisme, ce qui est déjà une qualité en soi. Mais le garçon a un beau jour décidé de changer de carrière. Pourquoi, me demanderez-vous? Parce qu’il avait une tendance tenace à enjoliver la réalité pour que le texte sonne mieux. Et il est vrai que Maloh parvient à merveille à manier les mots et à les faire valser avec sa guitare dans l’humide torpeur bretonne.

blongo

Credits photos: waterwin et fluk sur Flickr

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