La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

Le vizir des Baléares à la place du calife de Wollerau

Posted by blongo sur 3 août 2008

La couronne de l'ATP change de tête

La couronne de l'ATP change de tête

On s’y attendait, on savait que ça allait finir par arriver, certes peut-être pas si tôt, mais cette fois c’est fait: celui qui voulait devenir calife à la place du calife a enfin réussi dans son entreprise, une entreprise qui paraissait encore complètement utopique il y a un an. Il n’empêche que le vizir de Majorque Rafael Nadal est parvenu à renverser le calife bâlois émigré à Wollerau, Roger Federer.

Toutefois, loin d’avoir le caractère fourbe et la cruauté de l’Iznogoud de la BD de Goscinny, Nadal en a au moins la ténacité, la hargne et la soif de victoire. Et il est vraiment très « good ». De plus, le calife Federer, s’il n’a pas la corpulence et la mollesse de l’Haroun el-Poussah de la BD, n’en a pas moins le caractère doux, la bonté d’âme et l’indéfectible gentillesse. Comme quoi, il était peut-être dans l’ordre des choses que le vizir du tennis vienne à bout du calife.

Mais revenons un peu sur cette passation de pouvoir qui est, il faut bien l’avouer, on ne peut plus méritée. Dès le 18 août, Nadal sera estampillé no1 ATP et Federer no2. Un putsch en règle qui aurait pu intervenir avant si le Majorquin n’avait pas perdu en demi-finale à Cincinnati contre l’ogre de demain Djokovic.  Seule consolation, Federer fêtera son anniversaire, le 8 août, non seulement en arborant une dernière fois la couronne de patron du tennis, mais aussi en portant le drapeau suisse à Pékin. Le gâteau risque néanmoins d’avoir un goût assez nauséabond.

Federer-Nadal ou Nadal-Federer, avantage au premier

Federer-Nadal ou Nadal-Federer, avantage au premier

Comme Federer a été un calife sur une période record, Nadal a d’ailleurs été le vizir qui est resté le plus longtemps en place: 235 semaines consécutives en plus de 4 ans (depuis le 4 février 2004) pour l’Helvète (même si Sampras a fait mieux avec 286 semaines, mais pas de suite). Et presque autant, soit 158, pour l’Espagnol, numéro deux mondial sans interruption depuis le 25 juillet 2005. Des chiffres à donner le tournis.

Le maître semblait indéboulonnable, mais une saison ratée pour lui a eu raison de sa suprématie. Certes, Federer a atteint la finale à Roland-Garros et Wimbledon et la demi à l’Open d’Australie, ce que beaucoup de joueurs considéreraient comme une année paradisiaque, mais ce n’est pas assez contre un joueur qui a remporté les deux derniers Grand Chelem et qui a ainsi déjà gagné sept tournois cette année (Monte Carlo, Barcelone, Hambourg, Roland-Garros, Queen’s, Wimbledon et Toronto). Contre deux, de calibre nettement inférieur pour Federer, Estoril et Halle.

A quoi attribuer cette baisse de forme chez l’ex-numéro mondial (comme c’est difficile à écrire…)? Difficile de donner une réponse nette et franche. Cette maudite mononucléose qui l’a affaibli en début d’année, un entourage qui n’est peut-être pas à la hauteur de l’oncle Tony Nadal et l’absence de coach stable? l’usure au pouvoir ou le manque de grinta? la confiance envolée après un début d’année ratée et des défaites inhabituelles pour lui (Simon à Toronto, Karlovic à Cincinnati)? Il est surtout vrai que Federer est tombé sur un os, sur plus fort que lui, sur plus jeune, plus motivé, plus, plus, plus…

Federer, géant d'acier devenu terre cuite?

Federer, géant d'acier devenu terre cuite?

Toujours est-il qu’il ne faut pas trop enfoncer Federer, qui est tout de même numéro deux mondial… D’une part, qui sait, on espère toujours, cette triste année va peut-être se terminer au mieux (JO, US Open, Masters), d’autant que Nadal a « l’habitude » de « caler » à cette époque de l’année. Et même si ce n’est pas le cas, le Bâlois est encore jeune. A 27 ans, il a encore les moyens de revenir. Et même s’il reste 3 ou 6 mois à la deuxième ou troisième place ATP, il peut revenir. Il lui faut juste affiner deux ou trois réglages, éviter de se préoccuper de ses impôts, trouver un vrai coach et le FedExpress pourra se remettre en route.

Bref, après les JO et l’US Open, on lui conseille d’aller en vacances à Dubaï, de jouer un peu aux cartes et de boire quelques bières ou du schnaps. Ou même épouser sa Mirka si ça lui chante. Ou passer son permis d’hélicoptère, acquérir les bases du tricot ou apprendre à parler russe. Faire tout ce qui lui plaît tant qu’il n’y a ni raquette ni balle jaune.

Et revenir en janvier à Melbourne avec les crocs, c’est ça qu’on lui demande, qu’il devienne un fauve des courts et non plus une jolie petite biche des gazons. Pas forcément un guépard assoiffé comme Nadal, mais au moins un animal un poil plus féroce.

Et tout cela avec l’idée bien en tête que quand on redevient vizir, on n’a désormais plus qu’une envie, virer ce malpropre de calife pour prendre sa place…

blongo, aussi triste que réaliste

Credits photo: nadalmania, askcurly et hyper-kia sur Flickr

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4 Réponses to “Le vizir des Baléares à la place du calife de Wollerau”

  1. Van Breukelen said

    Ce qui m’agace le plus n’est pas la place du numéro un amplement méritée, mais l’indolence coupable d’Haroun el-Federer. J’ai vaguement lu une déclaration après sa récente défaite et ai l’ai trouvé d’une insipidité qui confine à l’angélisme béat: « C’est pas grave. Il sert bien Karlovic. Mais ce n’est ni les Jeux ni l’US Open ». C’est la méthode Coué puissance deux ou quoi? Hé, Ho, on se réveille ! je pensais qu’après Wimbledon, il aurait compris, mais Roger nous sort les mêmes fadaises. Rappelez-vous après l’humiliante finale de Roland Garros : « C’est pas grave. Il est très fort, Nadal. Mais on sera bientôt dans mon jardin, à Wimbledon ». Un manque de révolte qui m’agaçait déjà dans les autres finales de l’Open de Paris où il aurait pu – dû – gagner au lieu de faire grise mine et tête basse. Moi qui n’ai que le fighting spirit sur un terrain de badminton ou de volley-ball, à défaut de technique, de physique et de sens du jeu, je deviens fou à regarder tant de nonchalance chez notre Fedex qui a tout le reste et il me prend l’envie de le saisir par les épaules et de me te le vous secouer comme un Orangina si je n’étais empêché par un bête tube cathodique.

  2. Beulemans said

    Beulemans se demande ce que la religion à à faire avec ça: même en tube, la religion cathodique n’empêche pas de secouer des bouteilles d’Orangina. Je sais qu’elle empêche de se secouer, mais pas avec Orangina!

  3. […] année, ses déculottées contre Nadal, des errements contre des joueurs nettement à sa portée, la perte de la première place mondiale et ce mortifiant revers contre James Blake à Pékin en simple. Certains le voyaient déjà fini, […]

  4. […] en sa grandeur, persuadés que le Roger allait immanquablement ressurgir un jour. Certains que ce ATP 2 allait vite devenir un cauchemar lointain, rongeant leur frein derrière leur écran en espérant […]

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