La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

Un double olympique qui valait bien une larme

Posted by blongo sur 17 août 2008

Il est des moments où l’on est content d’être scotché devant sa TV! L’un d’eux est ce mémorable samedi 16 août 2008, quand Roger Federer et Stanislas Wawrinka ont réussi l’incroyable pari de remporter le double des Jeux olympiques de Pékin. Quel moment de joie après les déceptions des derniers mois. Et même une petite larme, si si, celle que le sport-TV peut vous apporter parfois, en de rares mais belles occasions.

Quatre sets en près de 3 heures et les deux compères suisses ont vu une jolie galette dorée venir garnir leur cou tout en écoutant un hymne helvétique et en savourant le vol d’un drapeau rouge à croix blanche vers le haut d’un mat. L’œil le plus aride s’humidifierait pour moins que ça, non? Un succès amplement mérité après un match solide contre la paire suédoise et après avoir battu les meilleurs joueurs du monde en demi-finale.

Et le plus beau dans cette belle histoire est de voir la complicité et l’amitié qui unit Roger et Stan. Le geste du Bâlois après les deux derniers matches, faire comme si le Vaudois lui avait insufflé des bonnes ondes, vaut à lui seul son pesant de cacahuètes. On avait l’impression de voir deux enfants contents de leur pied de nez, deux gosses ayant réussi à accomplir leur rêve, deux copains après une mission réussie avec brio.  Federer avait l’air de s’amuser, contrairement à ses derniers matches, de prendre du plaisir, d’aimer le tennis et de davantage vouloir ce titre en double. Et que ces moments de plaisir pur font du bien dans le monde parfois machinal du sport.

De plus, on a tellement critiqué, peut-être même trop, le coup de mou du maître cette année, ses déculottées contre Nadal, des errements contre des joueurs nettement à sa portée, la perte de la première place mondiale et ce mortifiant revers contre James Blake à Pékin en simple. Certains le voyaient déjà fini, terminé, retraité. On a même eu des doutes, mais avec toujours le secret espoir d’une réaction, toujours suivie d’une déception. Et maintenant, même si ce n’est pas en simple et si le cadre est bien particulier, il a réussi, il est champion olympique, le bougre. Quel bonheur! De quoi mettre du baume sur son cœur et sur le notre, même si son adversaire rouleau-compresseur majorquin a lui brillé en simple à Pékin. La lutte sera belle à l’avenir entre les deux titans, on peut et on veut faire confiance à notre Roger.

Quant à Stan, il faut aussi lui rendre hommage, car c’est dur à la longue d’être le petit bouleau caché par le chêne majestueux, d’être l’éternel second, celui dont on se fiche la plupart du temps car il a un maître nettement plus fort et plus télévisuel. Et on l’a aussi critiqué, le Vaudois: trop vite éliminé à Pékin, et bêtement, manque de constance et de punch, 10e joueur mondial sans avoir gagné un tournoi majeur, et encore et encore. Mais il a aussi répondu présent, réussissant à surmonter son échec au 2e tour grâce à Roger, et, plus génial encore, parvenant à redonner le goût du tennis au Bâlois après son couac contre Blake. La récompense dorée valait tant d’efforts.

En outre, cette victoire olympique, ce sacre d’une paire pas vraiment habituée à jouer ensemble, ce net succès contre les jumeaux américain Bryan, reconnus comme l’un des meilleurs duos au monde, donne de nouveaux espoirs. Pas forcément pour rééditer l’exploit en Grand Chelem, car l’objectif des joueurs n’est pas encore là (quoique, qui sait?), mais plutôt en Coupe Davis. En effet, si les deux Suisses peuvent gagner aux JO, ils peuvent tout à fait vaincre dans la prestigieuse compétition par équipe nationale, que tant Roger que Stan rêvent de remporter. Avec deux joueurs dans les dix meilleurs mondiaux et un des meilleurs doubles de la planète, le saladier d’argent ne paraît pas du tout utopique.

Toutefois, il faudra tout d’abord remonter dans le groupe mondial en septembre, avec Roger, puis repartir sur des bases solides en 2009. Pour ce faire, il faut que Federer joue dès le premier  tour, contrairement aux années passées. Mais, maintenant, la défense de la première place ATP et le vol de records en records seront moins des leitmotivs bloquant tout autre objectif. Et Roger pourrait, on le souhaite du moins, décider que la Coupe Davis constituera un des buts principaux de l’an prochain.

Finalement, le tennis nous aura apporté son lot d’émotions, de suspense, de déceptions, d’espoir et de joie en Chine. Et même quelques envolées lacrymales bien agréables. Alors merci Roger et Stan, buvez un goutte de champagne chinois, bon courage pour l’US Open et vivement cette quête de la Coupe Davis! L’optimisme et le mousseux aidant, on verrait même notre Federer national double champion olympique à Londres en 2012…

blongo larmoyant

crédits photo: K.Tegtmeyer et doozzle sur flick
crédits vidéo: pippogirl sur youtube

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2 Réponses to “Un double olympique qui valait bien une larme”

  1. Beulemans said

    Beulemans est toujours ravi quand il lit des nouvelles positives: un tain qui arrive sans accident, un suicide raté, une guerre évitée, le prix de l’essence en chute libre, un parachute qui s’ouvre normalement, une coulée de lave qui ne fait pas de dégâts, un Suisse qui gagne au tennis, une forêt qui n’a pas été incendiée, etc. Et Beulemans est content quand Federer gagne. Mais il se dit que l’adversaire a perdu. Et que l’adversaire conséquemment verse aussi une larme, avec autant d’eau et de sel, mais pas pour la même raison. C’est pas formidable ça une fois?

  2. […] Un double olympique qui valait bien une larme […]

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