La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

Journée de détente bien méritée pour un gars presque ordinaire

Posted by blongo sur 9 septembre 2008

Un Helvète à New York

Un Helvète à New York

Pourquoi nous précipitons-nous immanquablement sur les grands de ce monde, les acteurs ou les politiciens, pour commenter leur vie privée en long et en large? Pourquoi ne nous intéressons-nous jamais à des personnalités plus ordinaires pour en décrire les événements aussi simples qu’émouvants? D’accord, c’est peut-être moins vendeur et moins croustillant, mais votre blongo a tenté l’expérience et s’est penché sur la vie d’un garçon apparemment ordinaire, sur une journée de son existence, sur un quotidien quasi banal. A vous de juger si ce train-train sans relief médiatique ne vaut pas aussi tout son pesant d’or…

Prenons donc ce jeune homme, évidemment bien sous tout rapport (on ne va pas narrer l’existence d’une brute épaisse, non plus…), et examinons-le de plus près. Bref, cet homme, que l’on nommera Roland, car il souhaite garder l’anonymat, est âgé de 27 ans à peine. Il savoure une pause bien méritée (pas encore de vraies vacances, ce sera pour plus tard) après deux semaines harassantes du côté de New York. Et ce mardi 9 septembre 2008 est un jour bien particulier pour lui. Il a enfin retrouvé une saine et heureuse joie de vivre et souhaite la faire partager avec tout le monde.

Roland a donc passé la journée à déambuler dans New York, de Central Park (à la recherche du Central Perk) à la Statue de la Liberté (à la recherche d’une statue à la taille digne de ce nom). Il s’est baladé sans souci en compagnie de sa fiancée, que l’on nommera Myrtille, car elle souhaite aussi garder l’anonymat. Roland et Myrtille ont savouré leur joie de vivre, ont fait un shopping d’enfer (car le couple, malgré une légère baisse du niveau de vie qui l’a obligé à discuter sérieusement avec le banquier cette année, n’est de loin pas à plaindre financièrement…). Myrtille en a profité pour tenter de renouveler complètement sa garde-robe, acheter deux nouveaux téléphones portables (on ne sait jamais) et acquérir un nouveau dentifrice pour son sourire retrouvé. Roland a lui payé le prix fort pour un nouveau costume blanc cassé, un coffre-fort flambant neuf et un kilt écossais qui le fait bien sourire.

Il faut dire que Roland a passé une année pour le moins difficile et qu’il a sans conteste mérité ce temps de repos new-yorkais. En effet, notre Helvète bien sous tout rapport a commencé l’année par attraper une sale maladie, pas trop grave mais qui l’a tout de même bien perturbé dans son travail. Il a ensuite connu de sévères problèmes avec des collègues qui étaient des subordonnés indiscutables par le passé. Puis un conflit ouvert a commencé au boulot avec un jeune Espagnol aux dents longues, toujours plus apprécié dans l’entreprise. Ce jeune loup a peu à peu pris l’ascendant et a même décroché des contrats prestigieux que Roland espérait obtenir, notamment celui portant sur un terrain gazonné prestigieux. Et, finalement, à la mi-août, peu après son anniversaire qui plus est, cet Espagnol prénommé Arfa a pris la direction de la société grâce à ses succès et Roland n’a rien eu à redire, tant ses derniers rapports étaient désastreux. Tout à sa tristesse, Roland a encore vu un mirobolant accord avec un groupe chinois lui passer sous le nez au profit d’Arfa. Une année à oublier au plus vite, pensait-il.

Peut-être perdu dans la foule

Peut-être perdu dans la foule

Et puis, la roue de la déveine s’est inversée. Grâce à l’entraide judicieuse d’une autre pointure de la branche, un individu prénommé Ladislas, Roland a pu fêter un premier contrat depuis longtemps, également dans la cette firme chinoise renommée. Il a pu sabrer le champagne, il a même reçu un peu d’or en récompense et a été fêté comme un roi par les siens. Tout auréolé par ce succès, Roland a recommencé à travailler dur, a même retrouvé du plaisir à l’ouvrage et est reparti en quête de nouveaux contrats pour savourer une fin d’année pleine de victoires. Et il y est parvenu, le courageux travailleur. Venu à New York pour signer l’un des quatre accords les plus importants de 2008, Roland a gagné son pari, laissant Arfa au second plan, certes grâce à l’appui inopiné d’un jeune Ecossais en devenir (mais qui pourrait vite devenir un autre rival). Mais Roland a vaincu, a pu sauter de joie comme un gamin content.

C’est pourquoi Roland s’est accordé avec Myrtille une journée de détente bien méritée à New York, dans l’anonymat le plus complet. Des visites et du shopping avant un retour en Suisse pour reprendre sa marche en avant. L’avenir passe désormais par Lausanne, avec une collaboration très attendue avec Ladislas, dans une affaire juteuse de saladier en argent. Puis par Bâle, Paris, Madrid. Et enfin un retour sur la terre du renouveau, la Chine. Durant cette période, Roland espère décrocher de nombreux contrats, au nez et à la barbe de l’Espagnol aux dents longues, peut-être pas encore pour reprendre la tête de l’entreprise, mais pour au moins s’en rapprocher.

Des vacances bien méritées seront alors à l’ordre du jour pour Roland et Myrtille (à Dubaï sauf surprise), comme pour Arfa (aux Baléares) et pour Ladislas (la Barbade, les Seychelles?). Notre couple pourrait même en profiter pour envisager un mariage ou un enfant, qui sait? Mais l’important, ce seront les vacances avant un retour dans l’entreprise pour une nouvelle année passionnante, qui commencera par un congrès très important du côté de Melbourne…

blongo

Credits photos: J.A.Rabadan et Th.Hawk sur flickr

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Une Réponse to “Journée de détente bien méritée pour un gars presque ordinaire”

  1. samlegrand said

    Sacré Roland, avec son contrat conclu à New York, il a même pu offrir un nouvel appareil photo numérique à Myrtille (1 mégapixel, en action chez Otto le Soldeur à 89.90.-). Il paraîtrait que Ladislas serait un peu jaloux, parce qu’il n’a rien reçu après son voyage en Chine avec Roland, et que c’est quand même un peu grâce à lui qu’ils ont conquis le marché asiatique… Maintenant, il espère vraiment que Roland lui offre le saladier en argent et qu’il ne pense pas toujours à faire son malin tout seul sur les pelouses londoniennes. Il lui doit au moins ça! En plus, comme il habille Myrtille chez Caritas et qu’il voyage aux frais de sa société, il doit avoir du pognon plein son compte en banque schwytzois!

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