La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

Pas encore en crise mais déjà complètement paumé

Posted by blongo sur 7 octobre 2008

Wall Street a la culotte, non la tête à l'envers

Wall Street a la culotte, euh non la tête à l'envers

Crise financière, krach boursier, effet dominos, effondrement général, faillites tous azimuts, ouragans en série, lundi, mardi, mercredi, jeudi et vendredi noir (heureusement, les bourses dorment le week-end et on peut se concentrer sur les achats frénétiques du samedi après-midi), cascades de gros malheurs pécuniers, dégringolade vertigineuse, chaos intersidéral; le monde a peur, les médias ont peur, les économistes ont peur. C’est à qui criera au loup le plus fort depuis quelques semaines. Les journalistes sont-ils trop pessimistes, les économistes trop rassurants, les traders trop inconscients, les gens de la rue trop insouciants? Le ciel va-t-il nous tomber sur la tête ou Astérix peut-il vivre encore tranquillement la fin d’année 2009?

La réponse est aussi simple qu’inutile. On n’en sait rien. Personne n’en sait rien. Les médias alignent les spécialistes de ci, les experts de ça et les économistes les plus renommés. Mais même eux ne savent pas quoi dire. Même eux sont mal à l’aise. Même eux ne savent pas de quoi le demain économique mondial sera fait. Certes, ils usent et mésusent de leur voix suave et assurée pour nous affirmer que cette crise pourra être gérée. Qu’il faut avoir confiance (même le brave homme qui a perdu ses maigres économies depuis six mois, même la famille qui doit quitter sa maison faute de liquidités, oui même eux doivent garder confiance). Bon, l’un d’eux disait aussi il n’y a pas si longtemps que « Ah ah ah la bonne blague, Lehman Brothers ne pourra ô grand jamais, hu hu hu faire faillite ». Caramba, encore raté.

A vendre au plus offrant, crise financière incertaine à souhait

A vendre au plus offrant, crise financière incertaine à souhait

D’accord, blongo n’aime pas l’économie, les économistes, les patrons des grandes banques, les traders et les journalistes économiques. Mais même quand il tente d’adopter un point de vue plus impartial sur cette crise, il n’y comprend pas grand-chose… Mais en fait, personne ne comprend vraiment ce qui se passe. Et c’est précisément cette dimension qui est aussi inquiétante qu’intéressante dans cette période instable, personne ne peut dire de quoi l’avenir sera fait, personne ne peut définir les établissements financiers qui seront touchés et ceux qui seront épargnés. Alors si même les experts sont contraints de garder bouche close, que peut penser le journaliste qui doit relater le cours des événements et que peut penser l’homme de la rue qui lit son journal. C’est simple, ils n’y comprennent rien, ou seulement des bribes.

Par ailleurs, du moins en Europe, les gens ne sont pas encore vraiment touchés par le phénomène. La plupart des gens ne sont pas encore atteints par cette crise, ils peuvent encore travailler, aller acheter du pain, aller à la piscine et au cinéma, de temps en temps toutefois, car le pouvoir d’achat est en crise, nous dit-on de plus en plus. Mais demain et l’année prochaine? L’économiste rassurant ne peut assurer un avenir assuré, car il n’en a aucune idée. Il faudrait peut-être aller voir Madame Irma, qui a moins de diplômes et d’argent, mais une jolie boule de cristal et un brin d’humanité…

Pour blongo, le pire est de ne pas pouvoir aller étrangler un coupable. Que peut y faire, finalement, le trader de Wall Street ou le cravateux du CAC 40? Certes, on nous dit que l’ère idyllique des golden boys est terminée, et on ne va pas s’en plaindre, faut pas pousser. Mais c’est tout le système qui affiche avec netteté et cynisme l’étendue de ses limites. Le capitalisme à outrance ne peut pas fonctionner et il fallait bien un jour ou l’autre que la requinerie financière cogne ses dents aiguisées contre un mur de pierre. Et qu’elle se casse une ou deux incisives plus habituées à rayer le parquet. Tout en sachant que, malheureusement pour les quenottes, le dentiste est lui parti en vacances.

Bref, si on n’arrive pas vraiment à appréhender les conséquences réelles de cette crise et s’il n’existe aucune solution idéale, on aimerait bien que cette crise mondiale serve au moins à réfléchir sur le système financier actuel. Sur le fait que les Etats doivent aligner les sauvetages des institutions bancaires privées au bord du gouffre alors qu’en période de gloire, les banques florissantes se fichent éperdument des dettes étatiques. Et surtout qu’on ne nous dise pas qu’un voyou de directeur de banque a empoché plusieurs millions de salaire cette année. Ou qu’il vient de se faufiler discrètement vers les Bahamas avec un parachute doré.

blongo

Crédits photos: timparkson et MAston sur flickr

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5 Réponses to “Pas encore en crise mais déjà complètement paumé”

  1. Van Breukelen said

    Joli billet blongo – notre premier sur la crise financière et économique qui révèle à quel point on peut être vite largué lorsque l’on n’est, ni toi ni moi, journaliste spécialisé en économie. N’y a t-il pas là une faille du journalisme? Les experts, à défaut de pouvoir prédire quoi que ce soit, pourraient écrire un « la crise boursière pour les nuls ». Qui est capable d’expliquer même le système des subprime? La peur règne, pas les explications.
    Je signale d’ailleurs les toujours engagés mais très bons billets de notre lecteur Coquelicot qui suit la crise jour après jour et apporte son lot d’éclairages et d’informations (voir Liens)…

  2. patoudoux said

    Dans ce brouhaha incompréhensible, il y en a un qui connaît le scénario: Patoudoux. Et voici donc le scénario: une bonne crise boursière, une bonne récession, une bonne guerre et hop l’économie repart, la natalité décolle et c’est reparti comme en 40! C’est ainsi que l’homme se régule.

    Vous trouvez ça brutal? Ouais, un peu, c’est vrai. Mais si tout le monde se met à parler anglais comme Kouchner, j’en connais qui vont sortir la bombe atomique…

  3. Coquelicot said

    Pour une fois, Van breukelen, je vais te contredire un peu. Il ne s’agit pas de prédiction mais d’analyse.
    Je fais ce genre de choses, modestement, mais sérieusement et je m’entoure d’un réseau d’amis de haut niveau, de ceux que l’on ne voir jamais à la télé. Nous analysons ensemble et, souvent, je tiens la plume.
    Ainsi, j’écrivais le 16 mars 2008 sur notre blog dns l’article suivant :Crise financière internationale : un système sans contrôle
    mars 16, 2008 at 1:14 | In Economie | No Comments | Edit this post
    Tags: Refonder la Gauche

    « La crise a aujourd’hui pour origine les pertes des banques américaines sur des crédits immobiliers octroyés à des ménages peu solvables. Il y a d’autres raisons qui tiennent à la structure de la finance mondiale. Dégagée de toute règle déontologique, on prête à l’échelle individuelle comme internationale à n’importe qui et selon des modes… puis, à terme de 4/6 ans on commence à redouter l’explosion de la bulle… les pros se dégagent et les moins initiés payent… en moins-values de leurs “actifs financiers”. »

    Je concluais ainsi :  » En effet, à tout instant, depuis l’Asie ou l’Amérique du Sud, ou de n’importe où, une série de faillites bancaires risque de tout déstabiliser… y compris les gros de la finance…

    Nous y viendrons peut-être un jour de force à cette régulation mondiale et, plus dure sera la chute. »

    Je récidivais le 30 mars dans : « Crise Financière internationale : Le Pire est devant nous !
    mars 30, 2008 at 12:55 | In Economie | No Comments | Edit this post
    Tags: Crise Financière internationale : Le Pire est devant n

    En écrivant : » Les politiques de droite comme « de gauche » ont choisi de s’y soumettre, mais, ces derniers, généralement dans la plus grande discrétion et, sans consulter les citoyens qu’ils étaient sensés représenter. Ils ont décidé plus ou moins consciemment de rendre les marchés tout-puissants.

    Depuis lors, la finance globalisée a progressivement inventé les instruments qui lui permettent d’échapper à toutes les règles prudentielles qu’elles s’étaient elle-même donnée effrayée par sa propre voracité. Au cours de ces dernières années, désormais débarrassée de toute contrainte, elle a commencé à prendre toute sa mesure et surdétermine de plus en plus toutes les dimensions de notre vie : sociales, environnementales, politiques, intellectuelles.  » et de conclure :  » ….La mondialisation en cours depuis un quart de siècle est caractérisée par l’hégémonie politico-militaire américaine et par une accumulation financière exacerbée ; plus l’actuelle mondialisation durera, plus elle finira mal ; par conséquent, plus il est urgent d’engager une stratégie de transformation de son cours, et cela dans l’ensemble de ses dimensions ; la dimension Européenne qui aggrave les choses par sa soumission à la Mondialisation n’est pas la moindre. De ce point de vue, le ralliement de Sarkosy au monde anglo-saxon lors de sa visite à Londres n’a rien de réjouissant et fissurera encore davantage le « couple franco-allemand ». Merkel sera repoussée vers une tentation d’une politique « de gauche » que lui reproche déjà la droite allemande.

    Le bilan, c’est que la situation du monde est évidemment beaucoup plus grave que ce que prétendent les zélateurs de la mondialisation. Le pire est devant nous.

    La politique du pire s’étant toujours retournée contre ses adeptes, on peut simplement souhaiter que les péripéties actuelles n’entraînent pas un véritable chaos, alors qu’il n’y a plus, dans les mois qui viennent, d’autres pilotes dans l’avion américain qu’une poignée d’irresponsables, toujours prêts à nous jouer un remake du Docteur Folamour. ».

    Qu’on ne vienne pas nous dire maintenant « Nous ne savions pas » !! Tous ceux qui VOULAIENT savoir, POUVAIENT savoir.
    Mais, ce n’était pas à la mode, pas dans l’air du temps, ceux qui disaient cela étaient des agitateurs partisans …ben voyons.
    Moi je dis que les autres, les zélateurs, les valets, les jean-Marc Sylvestre de tous poils grassement payés pour désinformer font partie de cette « circulation circulaire » chère au regretté Bourdieu.
    Ils se refilent ces demi mondaines, ces fausses vierges, que sont les idées toutes faites et qui passant de rédaction en rédaction pour aboutir sur nos lucarnes deviennent LA VERITE, la seule, la PENSEE UNIQUE.
    Merci à la culotte de ne pas trop avoir attrapé ce virus.

    Guy

  4. Coquelicot said

    Cher Patoudoux, tu as mis le doigt sur un point fort important !
    La guerre est l’une des sorties possibles du merdier actuel.
    Pas plus tard qu’hier, 6 octobre, j’écrivais ceci dans : »Crise Économique ET financière ces derniers jours le libéralisme économique est mort
    octobre 6, 2008 at 5:57 | In Economie, Politique | No Comments | Edit this post
    Tags: Crise Économique ET financière ces derniers jours le »

    « …2)- que faire a plus long terme ?

    Passer a un interventionnisme offensif :

    Il faudra bien réunir un jour une conférence internationale réunissant toutes les parties : le groupe FMI-Banque Mondiale, la Chine, la Russie, l’Europe, l’Inde, le Brésil et tant d’autres pour définir ce nouvel interventionnisme et les indispensables régulations nouvelles à mettre en place.

    Car, ce nouvel interventionnisme peut revêtir plusieurs formes :

    – Un interventionnisme de droite et d’extrême droite : par les guerres et les dépenses militaires massives comme en 1914 ;

    – Un interventionnisme disons « d’extrême centre » : une sorte de new-deal du XXI ème siècle comme sous Franklin Delano Roosevelt ;

    – Un interventionnisme de Gauche, la vraie, la nôtre, car les « vieilles gauches » sont aussi les victimes collatérales de la crise actuelle, interventionnisme qui peut se résumer comme suit :

    o Au plan national, puisque nous redevenons interventionnistes : arrêter la casse des services publics, revenir en arrière sur les questions de santé, ne pas privatiser la Poste, donner, en bref, la priorité à la question sociale et aux 50 % de français qui forment ce que l’ont peut appeler la « classe des salariés ». Il faut revenir à la distribution de salaires différés. Soutenir tous les exclus, sans papiers, précaires au lieu de les expulse car, même sans papiers, ils contribuent à notre économie.

    Appliquer, enfin, les décisions bien insuffisantes du Grenelle de l’ Environnement

    o Au plan mondial, les seules questions qui sembleraient pouvoir faire consensus entre les parties, mobiliser les énergies et les opinions publiques tourneraient autour de dépenses massives pour l’écologie au sens le plus large et du soutien au Tiers Monde dont les pays ne sont pas « en voie de développement » mais bien en voie de sous développement croissant !

    Il est donc de notre responsabilité historique de tout faire pour que ce soit cette troisième voie qui soit choisie…..

    C’est aussi pourquoi notre présence dans les multiples luttes qui se déroulent en ce moment est si importante, non pas pour les contrôler, comme certains mais dans le sens d’un contact dynamique avec nos concitoyens qui crée aussi sa propre dynamique.

    J’espère que c’est cette troisième voie qui s’imposera.
    Merci pour votre accueil
    Guy

  5. Ann said

    Cher Blongo,
    J’ai beaucoup aimé ton article…
    C’est vrai que c’est compliqué et qu’on aimerait bien savoir le pourquoi du comment ! Ben figure-toi que hier, la maman de m’a filleule, ben elle m’a dit que sa graphiste (qui a un contact direct avec les astres, semblerait-il) lui avait dit qu’en le 26 septembre et le 15 octobre il ne fallait absolument signer aucun contrat important…et oui ! C’est aussi simple que ça tu vois…
    bisous.

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