La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

Mieux vaut être dirigeant que dirigé

Posted by blongo sur 16 octobre 2008

Le dirigeant

Le dirigeant

Le Conseil fédéral a approuvé cette semaine les salaires des divers dirigeants des entreprises appartenant à la Confédération. Et en pleine crise financière, ces centaines de milliers de francs annuels frisent l’indécence. Au risque de passer pour un populiste aux idées simplistes, blongo souhaite faire un petit état de la situation. Et gageons que ce ne sera pas tendre…

Tout d’abord, il faut souligner que ces lignes laissent de côté les patrons des entreprises privées. Non qu’il ne soit pas utile d’en parler, car là ce n’est plus de l’indécence mais de l’escroquerie, mais parce qu’on ne peut pas courir trop de lièvres à la fois, au risque d’être privé de civet (c’est de ma grand-mère, donc ça ne peut être que vrai…). Donc, concentrons-nous sur nos amis de la Confédération, soutenus par nos amis du Conseil fédéral et par la plupart de nos amis du Parlement. Comment ne pas les soutenir également, dans de telles conditions?

Prenons ces goguenards et heureux patrons, loin d’avoir des problèmes de pouvoir d’achat, dans l’ordre, en commençant par le plus valeureux d’entre eux, et le plus récompensé évidemment. Par souci de précision et de comparaison, un petit descriptif de leurs plus brillantes réalisations accompagnera cet état des lieux.

Le dirigé

Le dirigé

Andreas Meyer a touché en 2007 un salaire de 1,2 million de francs, soit le double de son prédécesseur. Le Conseil fédéral a approuvé cette hausse sans sourciller, après quelques années sans augmentation. Et que c’est mérité… Andreas Meyer a merveilleusement bien oeuvré pour mettre la pagaille sur les sites de CFF Cargo. Andreas Meyer a contribué à l’arrivée pile à l’heure des trains, surtout aux heures d’affluence. Andreas Meyer a enfilé sa salopette et s’est muni de son tournevis pour entretenir les lignes de contact et éviter qu’elles ne tombent en panne. Et, cette semaine encore, Andreas Meyer a empoigné son rateau pour enlever les feuilles de la ligne Neuchâtel-La Chaux-de-Fonds, et ainsi éviter une interruption de ligne d’une demi-journée. Bravo, Monsieur Meyer, tout cela, ça vaut 100’000 francs par mois. Au fait, vous a-t-on dit que dans cette somme de 1,2 million figure une enveloppe de 200’000 francs cash pour indemniser le pauvre Monsieur Meyer de la perte de son bonus causée par son changement d’employeur. Si tout le monde avait 200’000 francs chaque fois qu’on change de job…

Ulrich Gygi, un socialiste paraît-il, a reçu l’an passé 817’000 francs pour services rendus à la patrie helvétique. Le big boss de La Poste perd la première place du classement et son salaire n’a augmenté « que » de 30’000 francs sur un an. Mais blongo aimerait lui aussi volontiers une hausse annuelle de cette somme. Mais peut-être n’a-t-il pas effectué autant de belles choses en 2007: Ulrich Gygi libéralise gentiment le géant jaune, en déléguant certains services à des entreprises privées, occasionnant des retards et des pertes de colis comme jamais dans l’histoire des échanges épistolaires. Ulrich Gygi ferme à tour de bras des bureaux dans les petites communes, sans jamais prendre le temps de considérer l’utilité ou non de ces décisions et d’aller voir ce qu’il se passe sur le terrain. Ulrich Gygi oblige ces mêmes bureaux de poste régionaux à devenir des vendeurs de sucettes, de tribolos ou de stylos à bille pour faire du profit, beaucoup de profit. Mais c’est juste, voyons, il faut bien les payer, les 817’000 francs.

Toni Wicki est le prochain sur la liste. Personne ne le connaît et personne ne sait ce qu’il fait dans la vie, ce brave monsieur, mais il a tout de même empoché 768’000 francs pour diriger l’entreprise d’armement RUAG. D’accord, blongo n’est pas militariste pour un sou et ça le rend peu objectif, mais il déteste viscéralement Monsieur Wicki. 768’000 francs pour fabriquer des armes de service qui vont un jour ou l’autre servir à accomplir un crime passionnel. 768’000 francs pour du matériel pas vraiment nécessaire, car la Suisse ne sera jamais attaquée et si elle l’était, elle serait écrasée en six secondes chrono. 768’000 francs pour des tanks d’apparat qui vont finir par dormir dans une montage. Grrrrrrrr, si blongo pouvait, il le mordrait celui-là.

Le résultat

Le résultat

Armin Walpen, directeur général de la SSR de son état, a reçu 540’000 francs l’an dernier. Pour nous obliger à regarder Jean-Luc Delarue tous les après-midi, pour réussir à diffuser du sport en différé alors qu’il serait possible de l’offrir en direct, pour Alain Morisod tous les samedis soirs.

– Et les autres… Ulrich Fricker (fric à l’heure, diront les plaisantins), chef de la caisse nationale SUVA; Patrick Aebischer, boss de l’EPFL; Daniel Weder, directeur de la fameuse Skyguide. Entre 300’000 et 500’000 francs par année.

La plupart de ces messieurs gagnent plus qu’un conseiller fédéral, plus haute charge politique de la Confédération. Et ce sont les ministres eux-mêmes qui approuvent ces sommes rondelettes, quelle humilité. Si blongo était conseiller fédéral, il n’accepterait pas de verser un salaire supérieur au sien à un subordonné, foi de blongo. Et si blongo était ministre, il te les pousserait au derrière, ces millionnaires, pour qu’au moins les entreprises de la Confédération fonctionnent sans heurt, sans aucun heurt, sans absolument aucun heurt. Mais c’est aussi sûrement pour cela que blongo ne trônera jamais au Palais fédéral.

blongo

Crédits photos: W.Volk, Camille et jbouchard sur flickr

Publicités

2 Réponses to “Mieux vaut être dirigeant que dirigé”

  1. Actarius said

    Eh bien si Blongo était Conseiller fédéral, il ne trouverait pas les compétences nécessaires pour diriger ces entreprises. Si ces gens gagnent plus qu’un Conseiller fédéral, c’est peut-être parce que leurs compétences sont plus rares à trouver… Ca s’appelle la loi de l’offre et de la demande, ou, plus simplement, la loi du marché.
    Il est bien plus difficile de trouver un type capable de restructurer la poste ou les CFF (un vrai nid de guêpe) qu’un conseiller fédéral. C’est aussi simple que ça.
    Pour rappel, le parlement a tout de même déniché un conseiller fédéral en une nuit en décembre dernier. Serait-ce aussi simple pour remplacer Patrick Aebischer? J’en doute.

    Actarius

  2. dragon buté said

    Que lis-je? Il faudrait plus de compétences pour diriger les CFF ou La Poste que pour diriger un pays, en l’occurence la Suisse? Non mais, il semble qu’Actarius ait bu encore plus de vin que moi!
    Revenenons à la raison, que diable!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :