La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

Retour à l’économie humaine?

Posted by Van Breukelen sur 18 octobre 2008

Un patron paternaliste, ça existe !

L’histoire est hélas trop rare, mais il vaut la peine de la signaler pour saluer le retour de sentiments humains dans une économie faite de seuls chiffres, de croissance et de rentabilité. Cela commence par l’histoire classique: la direction de la compagnie d’aviation Jet Airways licencie 15% de son personnel, 1900 personnes, en raison du ralentissement du trafic passager en Inde et des hausses de prix du carburant. La mise à la porte des jeunes employés avait provoqué une mini-tempête politique. Des centaines d’hôtesses et stewards avaient défilé à l’aéroport de New Delhi avec le soutien des politiques.

C’est là que Naresh Goyal, le big boss de Jet Airways, découvre son ex-personnel en larmes qu’il a viré avec juste un mois de salaire en guise de plan social. Et c’est là qu’il se passe quelque chose de très curieux, que l’on ne rencontre guère que dans les petites structures économiques, les PME, mais jamais au niveau des multinationales. Le patron ne dort plus de la nuit, sa conscience le taraudant depuis qu’il a été ému de voir ses employés malheureux. Il réagit alors en tant que père de tous ses employés et décide d’annuler les licenciements. Le dirigeant indien dit n’avoir agi sous aucune pression – ce dont les cyniques et soupçonneux comme moi doutent un peu. Il reste qu’il demande à son conseil d’administration de revoir sa copie: les entreprises ne devraient pas prendre de décision uniquement fondée sur des critères économiques, a-t-il affirmé. Oui, vous avez bien lu.

Des employés entendus, ça existe aussi !

Des employés entendus, ça existe aussi !

L’histoire donne un peu de baume au coeur et a un goût d’avant la vague néo-libérale. Elle fleure bon le paternalisme assumé, mais donne ce faisant un espoir venu d’Orient, alors que l’Occident ne semble avoir pour objectif que de s’en mettre plein les fouilles par des salaires exorbitants, des primes et des parachutes dorés indécents, voire des fins dîners alors que l’entreprise coule. Traitez-moi d’utopiste idéaliste, mais un petit retour du sens moral dans l’économie et dans la société me semble  bienvenu dans ce monde de guerre économique permanente.

Van Breukelen

  • Crédits photo: Forbes.com, Gulftimes.com
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8 Réponses to “Retour à l’économie humaine?”

  1. blongo said

    Blongo a presque versé sa larme. En pessimiste convaincu, il se demande tout de même quand viendra le retour de balancier… Mais en attendant, on le prendrait bien dans ses bras, le père Naresh.

  2. Beulemans said

    Il n’a agi sous aucune pression? Eh bien Beulemans en bon brasseur saurait en raconter un peu sur la pression…

  3. Actarius said

    Je suis moi-même aussi sceptique. Le pire dans cette histoire, c’est qu’une entreprise en difficulté qui ne licencie pas ou ne se restructure pas peut être en réel danger.
    Alors un jour, notre cher Naresh Goyal décide de se débarasser de 15% de son effectif en raison du ralentissement du trafic passager et de la hausse du carburant, et le jour d’après il se dit: « Oh, et puis non, je les garde ». Alors, il y a plus de problème M. Goyal? Je veux connaître la suite de cette histoire. Quand devra-t-il définitivement mettre la clé sous le paillasson et envoyer au chomage l’ensemble du personnel?

    Voilà pourquoi je trouve que l’économie n’a pas à être humaine ou sentimentale. L’économie sert uniquement à faire de l’argent. C’est le rôle de la politique d’édicter des règles d’éthique et de morale. Vive l’économie libérale!

  4. Van Breukelen said

    Très fort Actarius de continuer à poser ces affirmations péremptoires alors que la crise financière inouïe vient de révéler que la chasse au fric avant toute préoccupation éthique amène le monde politique à devoir réparer les pots cassés. A mon sens, l’économie doit servir la collectivité et en ce sens ne peut se passer de morale ou du moins d’un sens de la responsabilité. L’un des aspects réjouissants de cette crise est que l’économie libérale a vécu.

  5. Beulemans said

    On voit que l’éthique du directeur du FMI est à la hauteur de ses couilles, Beulemans s’est toujours posé beaucoup de questions sur les rapports entre la morale et l’économie dans la tête et la culotte des donneurs de leçons. Mort au capitalisme! Mort aux vaches! Vive l’anarchie!

  6. Coquelicot said

    Tout le monde savait depuis longtemps de Strauss a toutjours été dirigé par deux choses : son cerveau et sa bite !

    L’essentiel c’est qu’il y ait déconnexion par moments !

    Quand à ce cher Naresh Goyal , il nous vient d’Inde, n’est-ce pas. Y’a encore des éléphants, en Inde ? Paraît même qu’il y aurait des éléphants blancs mais ils ne sauraient constituer la majorité du genre.

    Quant à « l’ETHIQUE », il n’y a plus une boite, même la plus pourrie, même la plus spéculatrice, qui n’ait « son ethique ».

    Ethique mon cul qu’elle aurait dit ZAZIE ! Ethique en toc, je dis !

    PS : (si j’ose dire) Vas-y Beulemans ! Maintient la « pression » ! Je sens bien que ça fermente !!

  7. Rodrigo Tortilla said

    Apparemment, la raison qui a poussé M. Goyal a opérer un tel revirement, comme le soupçonne le cynisme de Van Breukelen, est somme toute logique; il avait le choix entre reprendre ses employés ou mettre la clef sous le paillasson.

    Selon mes sources (un employé du secteur de l’aviation qui vient de faire une recherche sur le marché indien), ce patron aurait reçu une convocation chez le premier ministre, qui lui a signifié, grosso modo, que s’il ne reprenait pas ses ex-salariés, sa licence de vol serait révoquée.

    Voilà donc le fin mot de l’histoire. Un peu d’espoir et d’éthique, certes. Un espoir et une éthique qui viennent non pas de l’entrepreneur, mais des hautes sphères de l’Etat. C’est tout de même encourageant.

  8. Rodrigo Tortilla said

    Apparemment, la raison qui a poussé M. Goyal a opérer un tel revirement, comme le soupçonne le cynisme de Van Breukelen, est somme toute logique; il avait le choix entre reprendre ses employés ou mettre la clef sous le paillasson.

    Selon mes sources (un employé du secteur de l’aviation qui vient de faire une recherche sur le marché indien), ce patron aurait reçu une convocation chez le premier ministre, qui lui a signifié, grosso modo, que s’il ne reprenait pas ses ex-salariés, sa licence de vol serait révoquée.

    Voilà donc le fin mot de l’histoire. Un peu d’espoir et d’éthique, certes. Un espoir et une éthique qui viennent non pas de l’entrepreneur, mais des hautes sphères de l’Etat. C’est tout de même encourageant.

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