La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

La mort, les prix, l’actu et le business

Posted by Van Breukelen sur 21 octobre 2008

J’aimerais vous faire part de mon interrogation. Je cherchais un livre sur amazon.fr qui n’est pas répertorié et le moteur puissant de la librairie en ligne s’est contenté de me renvoyer les livres les plus commandés du moment: J’ai 100 ans et je voudrais vous dire de Soeur Emmanuelle suivi de Ritournelle de la faim de JMG Le Clezio. Autrement dit, deux livres – récents, mais les autres Le Clézio ne sont pas loin derrière dans le classement – à destinée relativement confidentielle, mais dont le destin change, propulsé qu’il est par les feux de l’actualité. Et je ne parlerai pas du marché vivace de ces livres écrits à la va-vite et édités en moins de deux pour coller à l’actualité. Une méthode qui rencontre le succès et qui me semble participer du même mouvement.

J’ai du mal à croire que des milliers de gens se mettent à commander les bondieuseries gentilles, mais bondieuseries quand même de Soeur Emmanuelle uniquement parce qu’elle est morte et que, selon ses termes, elle a été aspirée vers Dieu « comme une fusée ». On sait bien dans le milieu artistique que la valeur des tableaux prend l’ascenseur (à défaut de fusée hein) après la mort du peintre. Mais j’ai quand même de la peine à m’expliquer pourquoi on va se coltiner la lecture des centaines de pages pour une personne qui, jusque-là, n’avait pas suscité notre intérêt avant de le déluge d’hommages médiatique. Surtout que d’ici peu, un autre mort célèbre chassera Soeur Emmanuelle de l’autel médiatique.

J’ai aussi du mal à voir pour quelle raison un auteur comme Le Clézio devient plus sexy après qu’avant son Prix Nobel. Est-ce qu’il suffit d’un prix, fût-il prestigieux, pour rendre une oeuvre digne d’être achetée à la hâte? On peut imaginer qu’en effet des gens découvrent tel ou tel auteur ou personnalité à l’occasion d’un passage remarqué dans l’actualité et que cela déclenche un intérêt pour l’achat. Mais de là à trôner en tête des ventes, il y a un pas que j’hésite à faire.

Il me semble qu’il y a derrière cet engouement soudain et éphémère comme un besoin d’être dans le coup, de surfer sur la vague perpétuelle de l’actualité. Bien des livres ainsi achetés finiront, je crois, par prendre la poussière, décorer ou faire bien dans la bibliothèque. S’il suffit de 24 heures pour propulser un bouquin qui connaît une vente moyenne au premier rang des ventes, c’est dire la part de l’instinctif sinon du réflexe qu’il y a dans ces achats quasi spontanés.

En condamnant la clientèle à débourser sans cesse pour coller à l’actualité, les éditeurs doivent se frotter les mains avec concupiscence. Surtout que le petit bandeau rouge pour indiquer « Son livre-testament » ou « Prix Nobel de littérature 2008 » ne coûte pas très cher.

Van Breukelen

  • Crédits photos : amazon.fr…
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2 Réponses to “La mort, les prix, l’actu et le business”

  1. Beulemans said

    Beulemans trouve que Sylvia Kristel était mieux dans le film Emmanuelle que sur la couverture du livre « J’ai cent ans et je voudrais vous dire ». Il comprend mieux pourquoi elle est morte avec des chiffonniers: on disait d’elle qu’un rien l’habillait. Mais c’est vrai qu’elle a beaucoup changé depuis le film. La dernière fois que je l’ai vue elle se branlait dans un drôle de fauteuil, Mais à propos des morts célèbres qui laissent des chefs d’oeuvre derrière eux, on n’a pas fait tant de tsoin tsoin médiatique pour Linda de Souza, Mireille Mathieu ou Eddy Meckx… Ça est vraiment trop injuste!

  2. Coquelicot said

    T’as encore raison Beulemans ! Et Line Renaud, vous avez vu un éloge funèbre vous ?? Scandaleux !

    Je la plains cette pauvre Emmanuelle : Toute une vie à vivre en vierge et mourir en sainte !! Cela aussi est trop injuste, Beulemans.

    Tiens, tu connais la dernière ??? Emmanuelle casse sa pipe et monte aux cieux, bon, jusque là, normal !
    En chemin, entre deux nuages, juste au dessus de Wall Street, elle croise l’Abbé Pierre affalé dans un nuage-fauteuil et le vieux crabe demande :
    Alors, ma sœur, cela va-t-il mieux, en bas ??
    Emmanuelle réfléchit un instant et répond :
    ça s’arrange mon père, ils viennent de trouver 2.000 milliards de dollars pour aider les banques !!

    Allez, on rigole, roulez petits bolides !
    Elle est pas belle la vie ?
    Guy

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