La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

Cette satanée Sophie Hunger. Critique de « Monday’s Ghost »

Posted by dragon buté sur 28 octobre 2008

Satanée Sophie Hunger...

Satanée Sophie Hunger...

Un jour au boulot, on m’a tendu le dernier Sophie Hunger en me disant: « Elle est Suisse, tout le monde va en parler, il faut faire la critique ». J’aime pas les « il faut ». Et je n’aime en général pas les artistes suisses. Pas qu’ils soient mauvais, mais je ne m’y retrouve pas. Peut-être un complexe helvétique. J’aime pas non plus les trucs dont tout le monde parle. Par principe, tout en sachant que ma discothèque est pleine de choses dont les gens m’ont parlé.

C’est, vous l’aurez compris, dans de mauvaises conditions que j’ai commencé, contraint et forcé, à écouter ce foutu « Monday’s Ghost ». Et je n’ai pas aimé. Les chansons me prenaient à rebrousse-poil. Je trouvais la voix criarde. Il y avait trop de notes. Trop de Sophie Hunger, « la petite Suissesse qui monte » (grrr, détestable expression s’il en est). Bref, j’étais agacé.

Puis… puis vint le tour de « Walzer für niemand ». Et là. Tout a changé. Je suis tombé amoureux.

Et un Dragon amoureux, il n’y a rien de plus passionné. Depuis (et cela fait 2 semaines), je ne peux écouter autre chose que cette satanée Sophie Hunger. Je n’aime pas tout, loin de là. Mais ce que j’aime, je ne peux plus m’en passer. Qui pourra me délivrer de cette Bon Dieu de « petite Suissesse qui monte »?

Je ne puis faire ici une critique générale de l’album. Car selon moi, il y a du délicieux, du délectable dans le mélange blues/folk avec quelques détours pop de « Monday’s Ghost ». Et il y a le reste, les chansons plus rock, moins inspirées, des chansons qu’on a l’impression d’avoir déjà entendues ailleurs. Ces dernières sont rares, heureusement, mais elles sont là (« The boat is full », « The tourist » et même « Shape » dans une certaine mesure, mais j’y reviendrai). Donc, comme l’amoureux qui ne voit au début que les qualités de sa belle, je ne parlerai que de ce que j’aime, en faisant abstraction des défauts. C’est le privilège de la critique, finalement, d’être partiale, et ici je serai partial dans le sens littéral du terme.

Mon idylle avec cette infernale Sophie Hunger a donc commencé avec « Walzer für niemand », une ballade d’une douceur presque insoutenable, remarquablement accompagnée au piano. Où la voix de Sophie est d’une plénitude magnifique. Une chanson où même l’allemand se fait tendre. Mais pas fleur bleue pour deux sous. Il ne s’agit pas ici de ballade pop comme on en entend tous les jours. L’auditeur est sur le fil, l’émotion est ténue, tendue. Aucune facilité d’écoute, aucune compromission.

Cette réussite est à mettre en parallèle avec le dernier titre de l’album, « Spiegelbild ». Là encore, une ballade très douce, en suisse allemand. Là encore, pas de facilité. Dans cette chanson, Sophie mêle sa voix avec celle de Stephan Eicher. Ce dernier reconnaît qu’il rougit lorsqu’il réécoute leur prestation. Je le comprends. Le mélange est d’une telle intimité qu’on peut même s’y sentir de trop. C’est vraiment beau.

Rajoutez à ces deux perles la très rythmée et dissonante « Teenage spirit », l’étonnante « Rise and Fall » d’une musicalité très originale, la flûte de « Monday’s Ghost », les percussions de « House of Gods » et vous aurez un bon aperçu du talent de cette peste de Sophie Hunger. Et même avec « Shape« , qui ouvre ce « Monday’s Ghost ». Son côté pop rend l’accès à l’album plus aisé. Mais on finit par s’en lasser, pour lui préférer les compositions plus ardues mais aussi plus pleines.

L’infernale Sophie disait l’autre jour qu’elle trouvait triste d’enregistrer un album, que c’était comme une petite mort car les titres restent alors figés à tout jamais, plutôt que d’évoluer à chaque concert. Car pour terminer, il paraît que cette chipie est aussi excellente sur scène. Le dragon accro que je suis va d’ailleurs aller s’en rendre compte tout bientôt.

Histoire peut-être aussi de pouvoir reprendre sa liberté musicale ensuite.

dragon.

Ecoutez « Walzer für niemand », « House of gods » et « Shape » sur myspace.

Credit photo: site de « Der Freund »

 

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6 Réponses to “Cette satanée Sophie Hunger. Critique de « Monday’s Ghost »”

  1. samlegrand said

    Je ne connaissais pas, merci de m’avoir fait découvrir! J’ai également été conquis par « Walzer für Niemand », ça prend les tripes. Petite précision: c’est pas du suisse-allemand mais du Hochdeutsch…

  2. dragon buté said

    Oups, tu as raison, Sam le Grandissime, pour le Hochdeutsch… je vais corriger le texte. Merci, héhé!

  3. Jean-Bertrand said

    Et les Irlandaises, vous les supportez ? Si oui, je vous recommande chaudement Gemma Hayes, qui personnellement me ferait presque tomber amoureux…

  4. patoudoux said

    Alors dragon buté, tu as découvert cette chipie de Sophie sur scène? Je l’avais vu au Montreux Jazz, alors que « Monday’s Ghost » n’était pas encore dans les bacs. Et j’avais moi aussi été conquis…

    Je m’en vais de ce pas découvrir Gemma Hayes!

  5. […] est net : ce billet a reçu plus de 1000 visites, soit pratiquement le double du suivant, la critique de l’album de Sophie Hunger, qui vit une belle carrière (aussi bien l’article que la chanteuse en question). Nos […]

  6. Kamine said

    Walzer für Niemand m’apparait comme une drogue délicieuse. Délicieuse par sa douceur et sa complainte, drogue pour sa capacité à éluder toute autre musique de l’actualité, drogue encore pour ceux qui comme moi vivent une vie comme Niemand, de l’autre côté de la barrière et sans solution devant l’éloignement des vies. Elle consumme dans le renvoi du Moi au Personne pour l’autre.

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