La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

L’Oncle Sam et deux gigolos en campagne

Posted by blongo sur 3 novembre 2008

Ne sont-ils pas mignons?

Ne sont-ils pas mignons?

A la fin de la campagne présidentielle, les Etats-Unis sont entrés dans une sorte de surenchère médiatico-publicitaire qui frise véritablement le ridicule. Obama par-ci, McCain par-là, l’opinion publique n’en a plus que pour eux. Et les deux hommes les plus épiés de la planète n’en ratent pas une pour faire parler d’eux, usant et mésusant pour ce faire de millions et de millions de dollars. L’oncle Sam se transforme en proxénète tentant d’offrir ses employés au plus offrant. A louer Barack, grand black à la mine sympathique, prêt à satisfaire tous vos besoins. A louer John, vieux grisonnant goguenard, toujours frétillant. A louer Sarah, chasseuse d’homme à l’œil de tigresse. A louer Joe que tout le monde ignore, mais qui peut vous faire grimper aux rideaux. A louer joe le plombier texan, qui agace tout le monde avec tant de charme.

Oui, cette campagne dépasse toutes les précédentes par son ampleur médiatique et par sa ferveur publicitaire éhontée. Presse, TV et radio ne parlent plus que de l’élection, à coups d’articles analytiques, de caricatures, de montages photos et de publicités. Les badges estampillés Obama, les autocollants McCain, la tasse à l’effigie du démocrate et le pin’s exhibant la bobine du républicain, on avait l’habitude. Tout est bon pour vendre les deux candidats. Mais là c’est vraiment trop.

Même en magnet, elle fait un peu peur...

Même en magnet, elle fait un peu peur...

A admirer les images venues des USA, même une fourmi ne peut faire un pas sans rencontrer une affiche McCain ou un graffiti Obama. Sans compter les plaques minéralogiques Obama, les voitures aux couleurs de McCain, les téléphones portables, les vélos, les boutons de manchette, les dés à coudre, les hauts-de-forme, les bandes dessinées, les pinces à linge et les barres chocolatées, tout est bon pour fourguer Obama ou McCain au plus offrant.

Il suffit de se promener un peu sur le net pour découvrir des cookies Obama, des habits pour chiens McCain, des citrouilles d’halloween ressemblant à s’y méprendre à Sarah Palin, des parapluies Joe Biden. Et des sucreries de tous genres, des timbres, des chaussures. Ou des M&M’s vantant les deux candidats. Les figurines des deux hommes rivalisent aussi d’originalité pour séduire, allant du soldat revenu du Vietnam, au Ken insipide en passant par des cravatés sérieux et des supermans de pacotille. Il ne manque que la poupée gonflable, et je suis sûr que cela doit aussi pouvoir se trouver. A ce propos, et c’est le pompon, des préservatifs dont l’emballage montre fièrement les visages des deux présidentiables, se dénichent aussi facilement outre-Atlantique (avec mention « à utiliser avec discernement » pour Obama et « vieux mais pas périmé » pour McCain. Ou comment faire fuir tout plaisir…

GI'John et Barackator en campagne

GI'John et Barackator en campagne

Même les stars de la chanson et du cinéma se mobilisent pour aider Sam le proxénète à écouler ses deux gigolos: Barbra Streisand et Bruce Springsteen chantent pour attirer la clientèle vers Obama, George Clooney vient en Suisse pour déniaiser les riches banquiers démocrates. McCain préfère lui aller vendre des couteaux et des bijoux à la TV pour draguer l’électeur. Le séduisant Barack s’est même offert pour quelques misérables millions une publicité de près d’une demi-heure un beau soir d’octobre. Mais où va-t-on?

Le pire dans tout cela, c’est que tout le monde sait que le monde est en crise, que des millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté aux USA et dans le monde, que l’argent manque un peu partout. Mais pas dans la campagne présidentielle, une institution en or massif qui coûtera plus que toutes les dernières aventures électorales réunies.  Certains experts estiment à près de 5 milliards les dépenses de campagne depuis le premier coup de pioche publicitaire il y a un peu plus d’un an. Et Obama en gaspille nettement plus que McCain: contrairement au papy de l’Arizona, le jeune loup de l’Illinois a renoncé au système de financement public, ce qui lui permet de collecter autant de fonds privés qu’il le souhaite. C’est-à-dire des millions et des millions de dollars (150 millions pour le seul mois d’août, 700 millions depuis le début de sa campagne). Si j’étais Américain, j’aurais l’impression qu’on veut m’acheter pour acheter la Maison Blanche.

Un Oncle Sam proxénète et deux gigolos en campagne, qu’on vous dit!

Crédits photos: ittybittiesforyou et laughninsquid sur flickr

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Une Réponse to “L’Oncle Sam et deux gigolos en campagne”

  1. Beulemans said

    On dit dans les coulisses du trombone qu’il existe une Palin en poupée gonflable. Avec les épingles vaudou de Sarkozy.

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