La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

Mini yoghourt à prix maxi. Les sales méthodes de l’agro-alimentaire

Posted by blongo sur 9 novembre 2008

Le consommateur est pris pour un jambon. Avec combien de tranches dans la barquette?

Le consommateur est pris pour un jambon. Avec combien de tranches dans la barquette?

Le nouveau petit jeu à la mode de certaines sociétés alimentaires est des plus agaçants. De quoi s’en mettre à nouveau plein les fouilles et de quoi mettre un blongo très en colère. La méthode hypocrite de ces requins du profit à tous prix consiste à laisser le prix d’un produit inchangé, mais de revoir la quantité largement à la baisse. Révélés par les magazines pour consommateurs, comme Bon à savoir ou 60 millions de consommateurs, ces procédés sont toujours plus courants. D’autres sont accusés d’escroquerie pour moins que cela.

Alors que le pouvoir d’achat est en berne et que la récession semble toujours plus pressante, les firmes avides ne peuvent se permettre de simplement augmenter les prix pour garder leurs marges inchangées voire pour encore les accroître. Le consommateur ne comprendrait pas. Elles utilisent du coup des méthodes éthiquement scandaleuses, mais toujours parfaitement légales. Et, souvent, le client n’y voit que du feu, pour peu qu’il ne prenne pas le temps de lire l’étiquette avec minutie, étiquette qui est d’ailleurs souvent écrite en caractères minuscules, dont les termes demeurent aussi ambigus qu’autorisé et où les informations les plus importantes sont dissimulées dans les replis invisibles ou, par hasard, sous un autocollant promotionnel. Une opération camouflage à faire pâlir l’armée suisse.

Pour doper les prix sans éveiller la méfiance de l’acheteur, la méthode la plus courante consiste donc à faire fondre la taille d’un gobelet ou d’un quelconque emballage, sans que le prix suive la même courbe. Et hop, on n’y voit que du feu. 60 millions de consommateur cite par exemple un paquet de biscuit passé de 330 à 300 grammes sans coup férir. Ou un célèbre fromage blanc discrètement diminué de un kilo à 850 grammes. Bon à savoir évoque lui les hausses de prix cachées des paquets de rösti surgelés: sans explication valable, le nombre de pièces est passé de 15 à 8 sans variation de prix! Ou des crèmes caramel ramenées de 4 gobelets de 125 grammes à 4 gobelets de 100 grammes pour un prix inchangé. De quoi rendre le sucré dessert un peu acide.

Mine de rien, ces changements apparemment légers mènent en définitive à des augmentations de prix de 20%, de 30% ou même de 50%! Et si on répète le procédé sur différents produits, toujours avec la discrétion d’une galinette cendrée dans un champ de maïs, le profit devient conséquent.

Et le pompon réside dans les explications données par les sociétés incriminées. On évoque tout d’abord la crise économique ou la hausse du prix des matières premières. Ok, mais si ce n’est pas leur faute, pourquoi pas augmenter carrément le prix en donnant une explication? Non, le côté fourbe de la méthode dissimule une vilénie quelque part, c’est sûr. Deuxième explication, le consommateur n’arrivait apparemment pas à finir les produits achetés avant la date de péremption. Charitable attention, mais est-ce qu’on leur a demandé leur avis sur ce qui se déroule dans notre frigo? Troisième piste explorée, une modification du design de l’emballage justifie cette hausse dissimulée… Mais outre la démarche hypocrite, est-ce le design qu’on savoure dans notre assiette? Quatrième excuse bidon: la recette a changé. Le prix devait évidemment être augmenté car la crème est plus onctueuse, le biscuit plus savoureux, la soupe plus divine, le chocolat plus sublime, la pêche plus miraculeuse. A d’autres. Et c’est la cinquième et dernière explication qui est la plus savoureuse, si on peut dire: si les quantités ont été réduites, c’est pour lutter contre l’obésité ou pour améliorer la qualité nutritionnelle des produits. Une décision prise « à la demande des mamans », argumentent les firmes agro-alimentaires. Si, si, elles ont osé…

Les protecteurs des consommateurs relèvent encore un autre agissement, peut-être encore plus pernicieux, voire dangereux. Les fabricants changent effectivement la composition du produit, pas pour le rendre plus  goûteux, mais pour le rendre moins cher à concevoir. On remplace ainsi insidieusement des composants par des autres, moins onéreux. Ce sont les hard-discounters qui ont introduit l’idée, mais les autres distributeurs ont commencé à suivre le bon filon. Qu’on tende vers l’utilisation de produits de mauvaise qualité, ils s’en fichent. Que ces composants moins chers soient produits à l’autre bout du globe par des gens exploités, ils s’en fichent. Que le transport en masse de certains produits depuis l’Amérique du Sud ou la Chine ait des conséquences évidentes sur l’environnement, ils s’en fichent.

Mais que faire? Le boycott, c’est plus facile à dire qu’à faire. Se transformer en limier quand on arpente les supermarchés, c’est un brin fastidieux. Acheter bio ou directement au producteur, il faut y consacrer du temps et souvent de l’argent. Aller habiter sur une île déserte et se nourrir de poissons frais et de noix de coco, c’est tentant, mais peu réaliste. Il faut assurément un peu de tout cela. Et aussi soutenir les associations de consommateurs. Pour éviter d’être un pigeon bien farci.

blongo

Crédits photo: paolovalde et SwamiStream sur flickr

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