La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

La corporation de la hargne

Posted by dragon buté sur 2 décembre 2008

loupL’autre jour, j’écoutais l’émission « Médialogues » du 21 novembre sur la RSR. Elle débutait par des messages laissés par des auditeurs sur le répondeur de l’émission concernant la crédibilité des journalistes. Et ceux-ci étaient unanimes: aucune de ces personnes n’apportaient de crédit aux journalistes.

Elles disaient n’avoir aucune confiance dans les propos des journalistes, qui auraient une tendance marquée à la dissimulation, aux approximations, à l’exagération voire dans le pire des cas aux mensonges. Si cet état des lieux n’est pas véritablement une surprise pour le Dragon journaliste que je suis, je suis tout de même à chaque fois surpris et peiné d’entendre la rage, la hargne dont ces gens font preuve à l’égard de ma corporation.

Bien sûr, il y a un peu de quoi être déçu. J’ai déjà parlé de cette légitime amertume qui balaie parfois le coeur de l’usager des médias, en insistant sur les pressions qui s’exercent parfois sur les « pisse-copie » que nous sommes. Je ne le referai pas ici, promis!

Ce qui m’a frappé cette fois-ci, c’est un certain manque de réalisme de la part des personnes qui se sont exprimées dans l’émission.

Car ce qu’elles ont oublié de préciser, c’est le type de médias, et surtout de presse, qu’elles-mêmes consomment. On entend beaucoup de bons et braves citoyens réclamer des médias plus crédibles, plus exacts, plus équitables, moins scandaleux, moins « people » et plus sérieux. Plus d’analyses et moins de compte-rendu. Bref, plus de qualité.

Mais ces mêmes bons et braves citoyens, ne sont-ce pas eux qui « consomment » en premier lieu des journaux gratuits, à la place d’un quotidien de qualité comme il en existe beaucoup en Suisse romande. Ces gratuits dont les articles font un maximum de 500 signes les bons jours. Ces gratuits dont la rubrique people est plus importante que la rubrique nationale. Ces gratuits qui font la Une avec des histoires morbides ou sexuelles. Ces gratuits dans lesquels, pour ma part, je n’ai jamais lu d’analyse.

Les lecteurs, auditeurs, spectateurs des médias doivent continuer à critiquer, c’est vital. Mais il est parfois démoralisant d’exercer ce métier, même si on l’aime, en sachant que notre public nous prend pour des menteurs et qu’il n’a aucune confiance en nous.

Dragon journaleux.

Credit photo: deadeyebart a.k.a Brett sur Flickr.

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Une Réponse to “La corporation de la hargne”

  1. Beulemans said

    Ah ça c’est le blues des journées sombres de l’avent! Mais si qu’on les croit les journalistes. Mais qualifier de journalistes les scribaillons des journaux gratuits, faudrait pas pousser mémère dans les orties!

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