La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

La grande force de la faiblesse: critique du Livre V de Kaamelott

Posted by Van Breukelen sur 6 décembre 2008

180px-alexandreastierJe ne suis pas un fanatique de télévision, loin de là. Mais une série qui me fait rire, que je trouve intelligente, qui a un sens du dialogue rare est sans aucun doute Kaamelott, piloté, écrit, musicalisé, pensé et joué de main de maître par Alexandre Astier. Chapeau bas devant l’idée, l’inventivité, la galerie sidérante de personnages, les clins d’oeil qui vont d’Aristote à Star Wars.

Je ne suis pas la série à la TV, mais j’achète le DVD avec précipitation. Idem pour le livre V qui sort ces jours et malgré le lot de critiques négatives que j’ai entendues : c’est moins drôle, plus dramatique, plus long. Bon, après quelques heures de visionnement, mon diagnostic est tout juste pareil : c’est moins drôle, plus dramatique, plus long. Mais ce n’est pas une critique négative, c’est juste de l’admiration.

Admiration pour avoir osé secouer le cocotier à ce point-là: proposer des épisodes longs, donner la part belle au drame, à la désillusion, à la douce-amertume, au langage cinématographique dans toute son expression. Tenter autre chose, briser la recette devenue routinière.

Admiration pour avoir sorti les personnages de leur caricature dessinée lors des quatre livres précédents : Bohort montre sa force, Arthur sa grande faiblesse, Guenièvre son touchant attachement, Karadoc son goût du pouvoir mais aussi son sens de l’amitié. Les personnages ne sont plus eux-mêmes et n’en sont que plus vrais et plus forts.

Admiration pour les nouveaux personnages tous en demi-teinte, peu héroïques – le duc d’Aquitaine, le jurisconsulte – mais aussi, mais surtout pour le père des jumelles – pas drôle du tout mais carrément bouleversant -, les saltimbanques, le père adoptif d’Arthur.

Admiration enfin pour la quête typiquement médiévale du personnage qui doit se confronter à lui-même, Arthur accompagné de son sombre guide Méléageant, découvre peu à peu son inconséquence, son insouciance, sa solitude malgré la cour. A l’inverse cependant de la quête médiévale, qui renforce le héros, celle-ci le démolit.

Admiration pour la dernière réplique de Perceval : « Non mais Sire, il faut pas prendre ce qu’on dit au sérieux. Vous savez bien qu’on est des cons, nous », en plein contre-point d’un moment parfaitement tragique.

Non, il n’y a qu’une chose à dire: Sire (« Ne m’appelez pas Sire »), Votre Majesté est trop bonne.

Et j’aimerais, lecteurs, que vous le considériez en tant que tel.

Wikipedia est très bon sur Kaamelott et le Wikiquote est indispensable.

Van Breukelen

  • crédit photo : wikipedia

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3 Réponses to “La grande force de la faiblesse: critique du Livre V de Kaamelott”

  1. blongo said

    blongo est pleinement d’accord avec ce commentaire tout sauf vindicatif, euh comme les panneaux?

  2. Ann said

    Je propose Blongo en roi Arthur et Dragon Buté en Guenièvre pour la version cinéma ! Pis à l’Entr’acte on fera une partie de sirops !

  3. blongo said

    Vu son estomac, blongo se sent plus proche de Caradoc

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