La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

Val d’Isère 2009, un petit air de Crans-Montana 1987

Posted by blongo sur 15 février 2009

La vertigineuse piste de Val d'Isère a souri aux Suisses

La vertigineuse piste de Val d'Isère a souri aux Suisses

Ski alpin, Cuche, Gut, Janka… Blablabla et blablabli. J’en vois déjà qui baillent au fond de la salle à l’idée de lire un énième papier sur le ski, sur la Suisse qui brille, sur ces héros des championnats du monde de Val d’Isère. Alors, tentons une dernière fois de les convaincre de l’authentique exploit réalisé par l’équipe de Suisse sur les pentes de Haute-Tarentaise. Deux semaines de folie!

L’ahurissant tableau des médailles est éloquent, rien de plus. Dans un classement où l’on constate une toujours plus forte internationalisation du ski (12 nations ont récolté une médaille), la Suisse prend une magnifique première place. Du jamais vu depuis 20 ans et les Mondiaux de Vail, aux USA, à la grande époque du ski suisse. La Suisse avait alors ramené 11 médailles, dont 3 en or (Walliser, Schneider, Hangl). Toutefois, 20 après, l’exploit est d’autant plus grand que davantage de nations peuvent rivaliser (seules 7 nations avaient été médaillées à Vail).

Bref, on croit presque revivre les stratosphériques Mondiaux de Crans-Montana en 1987. A la maison, la Suisse avait glané 14 médailles et 8 des 10 titres mis en jeu (2 pour Maria Walliser, 2 pour Erika Hess, 1 pour Vreni Schneider, 2 pour Pirmin Zurbriggen et 1 pour Peter Müller). On en verse encore une larme maintenant. Mais là aussi l’époque était différente (7 nations médaillées) et la compétition peut-être un peu moins relevée. Même l’Autriche, qui a survolé les 20 dernières années, n’a jamais réussi pareil exploit. Une performance qui ne sera sûrement jamais égalée.

Mais ce millésime 2009 à Val d’Isère affiche des petits airs de Crans-Montana. Six médailles pour la Suisse (2 en or, 3 en argent et 1 en bronze). Devant l’Autriche, qui a raté ses Mondiaux en n’étant que 2e nation (5 médailles), et devant les USA (3 médailles). Six médailles pour trois héros, Didier Cuche, Lara Gut et Carlo Janka. Un phénoménal « papy » venu des Bugnenets et deux jeunes pousses qui viennent d’éclore et qui sont déjà au sommet.

Didier Cuche est peut-être le plus méritant, lui qui n’avait jamais été champion du monde et qui n’avait peut-être plus beaucoup d’occasions de le devenir à 34 ans. La pression, il ne connaît pas. Une course inimaginable en Super-G et quelques centièmes de trop en descente, le Neuchâtelois est passé tout près du doublé. Et tout le monde l’aime, notre Didier national.

Lara Gut n’en est pas moins méritante. A 17 ans, la pétillante Tessinoise est déjà au firmament des lattes. Deux médailles d’argent au goût de fraicheur et de bonheur, en combiné et en descente, deux fois derrière des reines confirmées, Kathrin Zettel et Lindsey Vonn. Et Lara de savourer ces moments avec un naturel de vieille routinière avec le plaisir d’une néophyte. Avec en plus un grain de malice qui a attendri tout le Cirque blanc.

Carlo Janka, le dernier larron, est le plus discret, mais pas le moins talentueux. Choqué il y a 3 semaines par la terrible chute de Daniel Albrecht à Kitzbühel, le Grison a su relever la tête, se reconcentrer et se surpasser pour son pote toujours cloué sur un lit du côté d’Innsbruck. Une étonnante 3e place en descente et une explosion en géant, devant un Beni Raich tout dépité de voir ce blanc-bec le devancer. A 22 ans et alors que personne ou presque ne le connaissait vraiment en début de saison.

Et les premiers mots de Janka? Une victoire pour Dani. Ceux de Cuche? Pour Dani! Lara? Pour Dani. Des Mondiaux de tout premier plan pour offrir à Albrecht un réveil moins douloureux. Le ski, c’est individuel, mais c’est aussi une équipe. Des amis. Une famille, avec le grand frère Cuche et les enfants Lara et Carlo, le cousin Silvan (4e en combiné, manquant la fête du podium pour seulement un centième) et le tonton Déf’ (éliminé en descente, alors qu’il bondissait vers le podium). Et même tata Fraenzi (qui a complètement manqué ces joutes et cette saison, mais qui continue à se réjouir des succès de la fratrie).

Avec ces jeunots et quelques fringants papys, on a toutes les raisons d’espérer d’autres succès à Vancouver l’an prochain et aux Mondiaux de Garmisch en 2011. Et que ceux qui n’aiment toujours pas le ski retournent à leur tricot et à leur feuilleton à l’eau de rose, ils sont perdus pour la science. Vive le ski!

blongo, toujours aussi fan

Crédits photos: wichtelfraeulein sur flickr.

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3 Réponses to “Val d’Isère 2009, un petit air de Crans-Montana 1987”

  1. Psykopat said

    Même vu depuis le fond de la salle (c’est-à-dire exilé dans des contrées où les TV ne diffusent même pas un centième de seconde d’une course de Cuche) , l’enthousiasme de Blongo est communicatif et me fait plaisir… Je n’avais pas lu autant d’articles sur le ski depuis Crans-Montana… Aller Didier! Aller Blongo!

  2. blongo said

    Psykopat a mille fois raison. Il faut, on doit, nous sommes obligés de regarder le ski. Au moins, cette année. Si ça se trouve, la prochaine fois, ce sera en 2031!

  3. Ann Tharin said

    Je n-ai pas lu l-article, le titre m-a enervee…
    Blongo mon lapin…esplike-moi comment tu peux comparer Val d-Isere a Crans-Montana et ses merveilles. Lo po possible…

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