La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

Confessions d’un ancien mercenaire au service du pape

Posted by samlegrand sur 30 mars 2009

garde suisse

Derrière le folklore, des idées malsaines...

En 2006, la garde suisse fêtait ses 500 ans d’existence. Cette année-là, les témoignages nostalgiques d’anciens gardes se sont multipliés dans la presse.  Oubliées donc, l’espace d’un anniversaire, les polémiques qui avaient entouré près de 7 ans plus tôt l’assassinat du commandant Alois Estermann et de sa femme par une jeune recrue.

C’était du moins la conclusion d’une enquête rapidement classée par le Vatican et qui avait suscité les spéculations les plus diverses en raison du silence pesant des autorités religieuses.


Depuis ce drame, le calme règne en apparence sur la cité vaticane. Hallebarde en main, les gardes suisses veillent attentivement à la sécurité d’un pape de plus en plus contesté. Bien épaulés il est vrai par les carabinieri italiens, dont l’attirail semble davantage adapté pour repousser les ennemis contemporains de la papauté.


Mais derrière le folkore et les crépitements des appareils photos, la garde suisse reste un monde bien mystérieux, où conservatisme religieux et discipline militaire ne font pas toujours bon ménage. Au service du souverain pontife pendant deux ans, *Alain a vécu de l’intérieur les tribulations de la vie vaticane. Il a accepté d’ouvrir les portes de ce microcosme et de raconter les aspects les moins glorieux de son séjour à Rome.

Quelles sont les principales difficultés auxquelles est confronté la nouvelle recrue lors de son intégration dans la garde ?

Alain: A l’arrivée au Vatican, il y a un mois d’école de recrue, où l’on apprend notamment le maniement de l’hallebarde et des techniques d’auto-défense. La formation est plus exigeante que celle de l’armée. En plus de l’entraînement militaire, les nouvelles recrues sont tenues d’assister tous les jours à la messe. Et jusqu’à l’acquisition des connaissances fondamentales d’italien, les matinées de nos jours de congé sont consacrées à son apprentissage. J’ai dû suivre pendant plus d’un an ces cours avant de pouvoir profiter de mes jours de congé.

Quel est l’aspect le plus contraignant de votre activité quotidienne ?

Alain: Sans aucun doute, les services de garde en uniforme traditionnel. Ce n’est vraiment pas marrant de regarder une porte pendant deux heures d’affilée sans bouger. Et je ne vous raconte pas en plein été à Rome… C’est dans ces moments que l’on se demande parfois ce que l’on est venu faire au Vatican. Mais c’est aussi là que l’on vit le côté spirituel de l’engagement. Un catholique non convaincu ne tiendrait pas longtemps dans cet exercice.

Est-ce que les gardes suisses parlent encore de l’affaire Estermann ?

Alain: Tous ceux qui arrivent ont encore une certaine curiosité par rapport à cet événement, mais le sujet reste tabou. Il y a eu un tel mystère autour du drame que les gardes préfèrent se taire, pour ne pas mettre de l’huile sur le feu. Tout le monde est tenu d’adopter la version officielle du Vatican. Je ne vais donc pas commencer à spéculer…

L’environnement très pesant auquel sont confrontés les gardes suisses ne contribue-il pas à ce que de tels drames se produisent ?

Alain: C’est vrai que c’est parfois très dur. Tout le monde a un jour ou l’autre son coup de barre. On se retrouve à 1000 km de sa famille, sans avoir la possibilité de rentrer durant les huit premiers mois. Certains ont même laissé une copine à la maison. Il y a des personnes qui ne tiennent pas et qui arrêtent après un ou deux mois déjà. Le commandant n’essaye pas de les retenir. Ca serait dommageable pour l’ambiance dans la caserne et ça évite certainement des comportements à risque, comme des tentatives de suicide.

N’y a-t-il pas un risque dans un milieu conservateur et militaire de voir se développer des idées extrémistes ?

Alain: Je ne veux pas qu’on fasse trop de polémique… Il y a beaucoup de personnes qui viennent à la garde et qui ont un peu des idées bizarres. Il faut clairement être de droite pour devenir garde suisse. C’est un milieu nationaliste, où l’honneur est important. Les dérives existent, on ne peut pas le nier. Mais il faut relativiser, il y a aussi des gens normaux.

Qu’entendez-vous par « idées bizarres » ?

Alain: Un de mes camarades possédait un exemplaire original de «Mein Kampf» sur sa table de nuit. Il m’a une fois amené à un match de la Lazio de Rome, du côté des supporters ultras, réputés pour leur accointance avec l’extrême-droite. La haine qui se dégageait de ces «supporters» m’a choquée. Mon collègue semblait quant à lui comme un poisson dans l’eau.

Dans ce contexte, l’arrivée d’un garde suisse d’origine indienne en 2002 a certainement provoqué quelques remous?

Alain: Je suis arrivé au Vatican en même temps que ce garde de couleur (ndlr : le premier de l’histoire de la garde suisse). Il n’a pas été accepté et je trouve ça très dommage. Les autres gardes lui disaient: «T’es pas suisse !». J’ai énormément œuvré pour son intégration, ce qui m’a valu d’être à plusieurs reprises traité «d’ami de noir» par certains de mes collègues. Son séjour à la garde a de plus été très médiatisé et il a certainement aussi suscité quelques jalousies.

Comment réagissent les supérieurs par rapport à ce genre de comportements ?

Alain: Tout le monde était au courant mais personne n’en parlait. Je ne dirais pas pour autant qu’il y avait de la complaisance à l’égard de ces individus. Les supérieurs ont d’ailleurs pris des mesures pour éviter que les idées extrémistes ne s’affichent au grand jour. Durant mon séjour, il a notamment été interdit aux gardes suisses de se raser totalement les cheveux et d’afficher des signes ostensibles d’appartenance politique.

Samlegrand

*prénom d’emprunt

Cette interview a été réalisée en 2006 dans le cadre du 500e anniversaire de la garde pontificale.  Elle est publiée pour la première fois au travers de ce blog.

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2 Réponses to “Confessions d’un ancien mercenaire au service du pape”

  1. Beulemans said

    Payer des gardes – même s’ils relèvent du folklore – pour protéger un nazillon d’une connerie à faire pleurer les éléphants, c’est vraiment foutre l’argent du contribuable par les fenêtres. Ce vieux faux-cul devrait être empalé sur la place publique.

  2. Pfyffer said

    Rien de plus facile que de faire une fausse interview. Ayant des amis et des cousin dans la Garde Suisse, ayant moi même fait le stage de formation, je connais la réalité de ces hommes au mental d’acier, à la foi inébranlable, qui ont choisi ce sacerdoce militaire en toute connaissance de cause. Aucun garde suisse ne faiblit, aucun ne regrette son engagement, tous le vive fièrement. Cette interview est un tissu d’infamie. Elle reprends tous les fantasmes anti-papistes; accusation de racisme, d’extrémisme (un mot qui ne veux rien dire),de fascisme.
    La vérité est autre, le garde suisse respire la foi et l’honneur; il respire l’amour de son Eglise, de son pays, de sa vie et de la vie des autres, il est serein et inébranlable, aussi les faibles le jalousent.
    Vous en faites ici l’illustration.

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