La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

New York, New York

Posted by dragon buté sur 6 avril 2009

img_3879Ce blog n’est pas un carnet de voyage, mais une fois n’est pas coutume, je vais l’utiliser comme tel histoire de vérifier ou d’infirmer certaines idées reçues concernant les Etats-Unis. De retour d’une semaine intense à New York, j’éprouve le besoin de faire de l’ordre dans les impressions multiples qui m’ont assailli. Considérations en cascade sur une ville qui, si elle n’est pas représentative d’un pays, n’en est pas moins représentative d’un mode de vie américain.

Accueil. Après les déboires déjà évoqués avant le départ, je m’attendais à un accueil revêche à la descente de l’avion, « terreur » oblige. Première idée reçue vérifiée! L’agent de l’immigration chargé de faire mon profil psychologique et biométrique avait des tonnes de questions et d’empreintes digitales à collecter. Mais, comprenant bien vite que je n’étais pas anglophone, il a refusé de m’adresser la parole et en est venu à me parler en geste. La personne déficiente que je suis a beaucoup apprécié cette chaude entrée en matière.

Grandeur. New York est une grande ville. Une lapalissade, oui. Mais c’est aussi l’impression la plus durable que le touriste ressent en la visitant. Tout est grand. La superficie de la ville, ses immeubles, ses magasins, ses routes… et tout ce qu’on peut y consommer. Inutile de chercher un muffins ou un hamburger de taille normale. Vous vous épuiseriez en vain. Résultat: la balance devient à votre retour votre ennemie absolue. Mais pour dire vrai, qu’il est bon de succomber à ce que l’on nomme la malbouffe. C’est le rêve américain pour les goulus dont je fais partie. Donc oui, les Américains mangent mal et beaucoup… mais que c’est bon!

Vitesse. La ville qui ne dort jamais. New York s’enorgueuillit de cette réputation, pas usurpée pour deux sous. Tout va très très vite et rien ne ferme jamais. S’acheter des baskets ou un iPod à 11 heures le soir, pas de problème. Pratique, mais il y a aussi le revers de la médaille. Il est quasi impossible de prendre son temps dans cette ville qui compte plus d’habitants que la Suisse. Un exemple: dans les restaurants, le client est roi tant qu’il mange. Quand il a fini, il est prié fort aimablement mais fort fermement de payer et de partir. Pas le temps de siroter son dernier verre de vin. Il faut laisser la place au prochain « client-roi ». Un choc culturel assez désagréable.

Foule. Plus de 8 millions de personnes vivent à NYC. C’est beaucoup et c’est grisant. La plupart du temps, on ne s’en rend pas vraiment compte. Sauf lorsque, touriste que vous êtes, vous vous promenez dans le quartier de Times Square un vendredi soir à la sortie du boulot. C’est là que vous regrettez le calme des montagnes suisses.

Le temple et son "monde de plaisir"

Le temple et son "monde de plaisir"

Moralité. Je ne donnerai qu’un exemple, qui a frappé le Dragon. En déambulant dans Chinatown, je suis passé devant un temple bouddhiste dont la façade était surmontée d’une énorme publicité en chinois, sous-titrée en anglais: « World of pleasure ». Ah, je ris en m’imaginant Benoît si on surmontait ses églises par des panneaux vantant un « monde de plaisir ». On s’amuse comme on peut.

Métro. Ce moyen de transport est un condensé de cours de sociologie. Ce qui m’a frappé n’est pas le métissage ethnique des habitants de New York, mais leurs visages fatigués. Au point que j’ai demandé à des connaissances vivant sur place combien de temps les New-Yorkais travaillaient dans une journée. Réponse immédiate: 9 à 10 heures. Normal, quoi!

Urbanité. Pour conclure, je dirai aussi que les Américains sont très urbains, dans les deux sens du terme. Et que malgré un accueil à revoir, ils aiment leur pays et que c’est tout à leur honneur. Helvétique jusqu’au bout des ongles, dont peu attaché au mien, j’ai apprécié leur amour de la patrie. Même si bien sûr il arrive que ce sentiment ait des mauvais côtés.

Jet lag. C’est ce qui permet à ce billet de voir le jour.

Dragon buté.

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4 Réponses to “New York, New York”

  1. patoudoux said

    Ah, New York… Ce billet me rappelle plein de souvenirs vécus il n’y a pas si longtemps, puisque j’ai visité NYC en novembre dernier. Pour compléter les impressions de dragon, je préciserais deux choses qui m’ont frappé:

    – si l’accueil à l’aéroport est plutôt désagréable, il est beaucoup plus chaleureux en ville. Les New-Yorkais vous abordent en pleine rue pour vous complimenter sur votre tenue vestimentaire et vous demander où vous avez acheté le t-shirt que vous portez. La première fois que je suis entré dans un magasin et qu’on m’a gratifié d’un « Hi, how you doin? », j’ai répondu avec étonnement « Fine and you? ». Chez nous, moins on entre en communication avec le vendeur, mieux c’est… Selon une New-Yorkaise d’origine européenne, il semblerait que les New-Yorkais font très volontiers la causette avec des inconnus, mais les relations sont généralement moins approfondies. C’est un peu le contraire en Suisse, où l’on n’apprécie que modérément d’entrer en communication avec un inconnu, d’autant plus s’il est étranger…

    – dragon a parlé des restos qui vous poussent vers la sortie à la fin de votre repas. J’ai vécu ça aussi. Tout le challenge de New York est là: trouver des endroits où l’on se sent à l’aise pour manger et boire un verre tranquille. Ces adresses ne sont pas aisées à trouver, mais elles existent! A Chelsea, à Brooklyn, à Greenwich Village, etc… Et quand on y est on apprécie encore plus que chez nous de déguster un verre de rouge!

    Ah, New York, quelle ville merveilleuse! Pleine de contradictions, mais merveilleuse…

    Merci dragon de nous avoir gratifiés de ces quelques lignes!

  2. blongo said

    Hasard du calendrier, blongo était aussi à New York dernièrement. Il ajouterait qu’il faut absolument parler des écureuils de Central Park, des sandwiches au pastrami, de NYPD et de ses sirènes style jeux vidéo, des taxis jaunes façon fourmi dans une fourmillière et de l’idée superbementgénialissime de faire un tour en hélicoptère au-dessus de Manhattan.

  3. patoudoux said

    Les écureuils et les sirènes… Evidemment, je les avais oubliés ceux-là!

  4. Ann said

    Mon dragon,
    …et bien je dois le dire, tu m’a fait fort envie parce que tu as l’air d’avoir pris ton pied (qui je dois le dire comprend de délicats petits ongles, tout aussi délicieux que ceux de tes mains, donc pas de fausse modestie dans tes billets très chère !).
    Concernant l’accueil, j’ai été agréablement surprise de ton compte rendu et je ne peux que souligner le fait que s’il t’a parlé en language des signes, c’est preuve que le quidam en question avait un QI de plus de 3 et donc la culture générale nécessaire pour savoir que l’anglais n’est pas la langue parlée dans les pays du monde entier…ce qui n’est pas toujours une évidence.
    Comme second volet de ce commentaire, tu sauras très chère que dès mon retour au pays, nous ferons une soirée passage de douanes…avec pour sous-sujets « visas expirés, surplus de bagages, flatting l’assurance d’un bon accueil et autres je-remplis-mon-formulaire-d’arrivée-au-crayon-histoire-de-faire-distraction-au-moment-fatidique ». Ca serait l’occasion pour moi de remanger du Gruyère, de boire à nouveau du vin non-madéré et de ragotter un coup pendant que deux autres personnes joueront à wordscrapper.
    Vive NY…et dragon buté (qui peut ainsi payer les taxis au prix indiqué dans le Lonely Planet…hihi)

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