La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

Un monde sous influence. Critique de « Das System », de Karl Olsberg

Posted by dragon buté sur 14 avril 2009

das-systemComme tout amateur de polars le sait, l’heure et la mode sont aux écrivains nordiques. Islande, Norvège et Suède se partagent la part du lion des ventes de romans policiers ces dernières années. Il est rare de dégoter un polar allemand. C’est chose faite avec « Das system », de Karl Olsberg, qui vient de sortir en traduction française et dont voici une critique. Je vous recommande le site du livre, qui est vraiment bien fait.

« Das system », c’est Pandora, un virus informatique qui devient, à force de croître et d’envahir les terminaux mondiaux, une véritable intelligence artificielle. Elle peut alors s’immiscer dans n’importe quel système informatique sans être repérée et en faire ce qu’elle veut. Et elle ne veut pas que du bien à l’humanité. Il faudra toutes les ressources des protagonistes humains pour en venir à bout et pour protéger l’être humain. Mais attention, la fin du roman réserve une surprise et c’est l’inventivité de l’esprit qui réussira à prendre le dessus sur les « neurones artificiels ».

Rêve de fan de science-fiction, me direz-vous? Une intelligence artificielle qui se développe d’elle-même, qui y croit? Certes, certes. Mais le roman de Karl Olsberg a des qualités rares.

Tout d’abord, « Das system » a l’immense mérite de nous renvoyer en pleine face la totale (ou presque) dépendance de nos vies envers la technologie, les ordinateurs et surtout internet. Durant chaque phase du récit, par ailleurs palpitant, les héros sont confrontés aux pires embûches, mis sous leurs pas par le virus Pandora. Une fois que cette intelligence faite de microprocesseurs pige qu’elle est menacée, elle réagit comme tout « être » sur la planète et met tout en oeuvre pour survivre.

Ce qui se traduit dans le monde réel par un nombre exponentiel d’emmerdements. Ascenseurs bloqués parce que reliés à internet, que Pandora contrôle. Chaos sur les routes et feux de signalisation devenus fous parce que reliés à internet. Mandats d’arrêt falsifiés parce que le système est relié à internet. Systèmes de sécurité des bâtiments devenant des dangers pour les occupants parce que reliés à internet. Station spatiale internationale en proie aux pires difficultés… Et impossible de combattre Pandora sur son propre terrain, c’est-à-dire internet pour ceux qui ne suivent pas, car elle contrôle tout.

Le chaos, partout

Le chaos, partout

« Das system » donne ainsi une bonne vision de nos vies si un esprit malveillant venait à prendre le contrôle du net. Une vision effrayante aussi, au vu de notre dépendance maximale aux « machines ». Une vision intéressante aussi de la capacité d’une telle intelligence artificielle si elle existait et des connaissances qu’elle pourrait acquérir à une vitesse hallucinante.

Deuxième qualité, et peut-être la plus importante. Karl Olsberg est allemand et cette caractéristique donne une touche un peu différente à cette histoire somme toute assez rabâchée. L’Allemagne est en effet très concernée, certainement plus que d’autres pays, par les nouvelles technologies et leurs dérives, qui peuvent rapidement tourner en totalitarisme.

Par son passé relativement récent, le pays est d’une sensibilité extrême sur le sujet des données, leur utilisation et leur protection. Pas étonnant donc qu’il ait beaucoup parlé du passeport biométrique avant de le mettre en vigueur. Un vrai débat s’est alors répandu dans la société de notre voisin. Pas étonnant non plus que les autorités allemandes aient mis sur pied plusieurs bases pour recueillir les données biométriques. Histoire de cloisonner un peu, contrairement à la Suisse, qui fait exactement le contraire en voulant tout rassembler dans la même base de données.

Enfin, le roman compte quelques belles qualités dans la narration. D’une part, c’est un bon « page turner », palpitant du début à la fin. Parfois tout de même un peu ardu au niveau technique, mais qui se lit même par un débutant en nouvelles technologies. Et d’autre part, notons l’inventivité du dénouement, qui en surprendra plus d’un. Mais je m’arrête là, pour ne pas gâcher le plaisir du lecteur.

Sachez aussi que « Das system », qui a fait un carton dans son pays d’origine, sera bientôt porté à l’écran.

Dragon buté.

Crédit photo: dsmoljanovic sur Flickr.

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2 Réponses to “Un monde sous influence. Critique de « Das System », de Karl Olsberg”

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