La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

Uli Windisch, pire que Peer

Posted by patoudoux sur 15 mai 2009

Or donc, la Suisse est attaquée pour ses pratiques bancaires  – elle détourne des milliards dévolus au fisc allemand en stockant l’argent non  déclaré de nombreux contribuables de son grand voisin – et s’offusque des propos d’un certain ministre allemand des Finances –  Peer Steinbrück pour ne pas le nommer – qui a comparé la Suisse aux « Indiens qui fuient la cavalerie ». Branle-bas de combat, délégation suisse à Berlin, et un Peer qui a fini par déclarer jeudi qu’il va contenir un peu son langage de charretier.

Personnellement, les attaques contre notre bonne vieille Suisse m’ont laissé de marbre. Mais si vous n’avez pas aimé l’agressivité de Steinbrück, pas de panique, nous avons pire que Peer en Suisse: Uli Windisch,  sociologue et spécialiste de la communication (!) à l’Université de Genève. L’homme, connu pour ses positions à contre-courant,  s’est fendu d’une chronique d’une rare connerie dans « Le Nouvelliste » de jeudi.

Dans ce texte, le professeur commence d’abord par casser l’idéologie socialiste – pas vraiment étonnant pour quelqu’un de droite -, déclarant dans une réflexion simplissime  qu' »il ne faut jamais oublier que les socialistes et les communistes veulent changer l’homme et la société », ce qui a conduit à « 50, 100 millions de morts ». Un modèle social, c’est bien connu, conduit à tuer des millions de personnes. Bravo pour la puissance du raisonnement! Faut-il rappeler à M.Windisch que n’importe quel système, qu’il soit de droite ou de gauche, conduit à des millions de morts si on place au pouvoir un tyran aux idées exterminatrices? Ce n’est donc pas une question d’idéologie, mais de personnes.

Mais chers lecteurs, restez avec moi car vous n’avez encore rien lu. Le brave Uli explique ensuite que « lorsque que l’on n’arrive pas à changer l’homme et la société, on s’en prend aux autres plutôt que de passer à l’autocritique ». Un mécanisme qui explique pourquoi l’Allemagne attaque la Suisse sur sa fiscalité. En somme, l’Allemagne ferait mieux de balayer devant sa porte. On veut bien. Et puis l’Allemagne tape sur la petite Suisse mais ferme les yeux sur certaines pratiques douteuses de grands pays comme l’Angleterre et les States. C’est pas tout faux. Alors Windisch dénonce la démagogie allemande. Et c’est là que la réplique tombe comme un fruit mûr, pourri même: « nous n’allons pas nous abaisser à la même démagogie et vulgarité [que l’Allemagne], en rappelant aux Allemands qu’ils ont l’habitude de s’en prendre aux autres et aux minorités jusqu’à les exterminer par millions et qu’ils se sont acharnés à construire des camps de concentration et des fours crématoires de plus en plus « performants » pour éliminer de plus en plus de juifs et de plus en plus vite ».

Je ne sais pas vous, mais je trouve la rhétorique éloquente. Uli Windisch écrit exactement ce qu’il dit ne pas vouloir faire – s’abaisser à la même démagogie et vulgarité que les Allemands.  Quelle stupéfiante stratégie de communication! Cette figure de style doit sans doute porter un nom que j’ignore, peut-être que Van Breukelen peut m’éclairer… Une méthode qui permet donc à Windisch de nous livrer le fond de sa pensée au  moyen d’un subterfuge linguistique. Et ce contenu est nauséabond.  Pourquoi faire ce parallèle avec la Shoah alors que la démagogie allemande dans le dossier du fisc – pour autant qu’elle soit avérée – n’a absolument  rien à voir avec une hypothétique attaque s’appuyant sur une sombre page de l’histoire que la grande majorité des Allemands regrettent – et qu’ils n’ont d’ailleurs pas connue? Pourquoi écrire que les Allemands « ont l’habitude » de s’en prendre à des minorités jusqu’à les exterminer? Pourquoi? Parce qu’au fond, Uli Windisch n’est qu’un démagogue qui dénonce les démagogues. Un soit disant diffamé (il a récemment porté plainte contre un collègue) qui diffame. C’est gonflé. On pourrait aussi en conclure que Windisch est un démagogue qui a peur que Merkel tourne la boule et attaque l’Europe entière… Et là ça me fait plutôt marrer.

Décidément, il y a des sociologues qui feraient mieux  de changer de métier. La société leur en saurait gré.

Patoudoux

Publicités

5 Réponses to “Uli Windisch, pire que Peer”

  1. L’article du Nouvelliste est sur son site internet : http://www.lenouvelliste.ch/fr/news/invite/index.php?idIndex=862&idContent=143336

    Lire aussi à ce propos: http://octopotins.blogspot.com/2009/05/le-nouvelliste-au-tpi-ou-la-poubelle-2.html et http://octopotins.blogspot.com/2009/05/honteux-honteux-et-honteux.html

    Et sur le blog de la Grenette: http://www.lagreu.ch/lemag/?p=679 et http://www.lagreu.ch/lemag/?p=659

  2. patoudoux said

    Merci Zérozérosix pour le lien! Visiblement j’ai abandonné la recherche de l’article un peu trop rapidement…

  3. Van Breukelen said

    C’est un parfait exemple de prétérition, cher Patoudoux. Nauséabonde, peu discrète et peu subtile. A cela s’ajoute une technique d’amalgame que tu décris très justement. Tu aurais pu dire : « Inutile de vous présenter Uli Windisch, sociologue très à droite et peu adroit, jamais en retard d’une provocation politique sous caution pseudo-scientifique » en guise d’intro, histoire de rester dans le ton.

  4. […] l’Université de Genève (Bernard Morard, le patron du prof. Windisch), celle exprimée sur ce blog, ainsi que celles publiées dans Sortez de ma […]

  5. PatrickD said

    Il est choquant qu’un universitaire, professeur de sociologie, qui plus est, utilise dans son discours d’aussi viles méthodes. Le recours au raisonnement fallacieux de type reductio ad Hitlerum our argumentum ad Nazium est le signe infaillible que l’argumentateur a touché le fond, et qu’il est totalement à court d’arguments. Lorsqu’on l’a dépouillé de ses ornements (insultes et sophismes), l’article de Windisch est totalement dénué de substance. Devant ce vide abyssal, l’auteur aurait pu au moins éviter d’y mêler l’Université de Genève. S’il avait été employé de Nestlé ou de toute autre multinationale, et avait signé son article « Responsable de la communication, Nestlé » (ou Novartis), un tel manquement n’aurait jamais été toléré et lui aurait valu d’être congédié illico-presto, par SMS probablement!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :