La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

Un zeste de famille et une tombée de secrets. Critique du « Prédicateur » de Camilla Läckberg

Posted by dragon buté sur 21 juin 2009

Le PrédicateurLa famille, Camilla Läckberg en est hantée. Ni par la famille modèle, ni par celle qui se déchire, mais par celle qui a érigé le secret et le silence en mode de vie. L’auteure suédoise avait déjà utilisé ce canevas dans « La Princesse des glaces », son premier roman traduit en français. Son deuxième opus traduit, intitulé « Le Prédicateur », ne déroge pas à la règle.

Comme dans « La Princesse des glaces », le lecteur retrouvera avec un certain plaisir la belle Erica Falck et Patrick Hedström, son policier de compagnon. Il sera à nouveau plongé dans l’univers du petit port de Fjällbacka.

A la différence que la petite ville se transforme de glaçon dans l’hivernale « Princesse » en station balnéaire à la mode dans l’été du « Prédicateur ». Changement d’ambiance radical mais même sensation d’étriquement des petites villes de province suédoises, complexées par rapport à leurs voisines plus grandes.

Autre similitude, on l’a dit, la thématique de ce roman policier: la famille et ses lourds secrets. L’enquête débute à la découverte du corps martyrisé d’une jeune touriste. Sous le cadavre sont disposés deux squelettes très anciens.

Patrik Hedström est chargé de l’enquête, qui le dirige vers la famille Hult. Une famille aisée mais dont les deux branches se livrent une guerre sans merci depuis des décennies. Plus précisément, depuis que le patriarche Ephraïm, prédicateur très connu, guérissait des malades avec l’aide de ses deux jeunes fils. Un meurtre, un suicide et de nombreux secrets plus tard, c’est une famille disloquée, marquée par le sceau du silence et des soupçons, qui est à nouveau mêlée à une sale histoire.

Les points communs entre les deux romans de Läckberg s’arrêtent ici. Alors que dans « La Princesse des glaces », l’écrivain avait tendance à se complaire dans un sentimentalisme pénible, elle se reprend dans « Le Prédicateur ». Son héroïne Erika Falck, qui menait l’enquête dans le premier livre, cède fort judicieusement la place à son compagnon. Son personnage est bien sûr présent, mais d’une manière ponctuelle.

SuèdeA franchement parler, Camilla Läckberg aurait carrément pu s’en passer ici, tant elle n’apporte rien à l’intrigue et à l’enquête, le coeur du roman. Fini donc les histoires d’amour, à peine aurons-nous droit à quelques petites fleurettes en filigrane. Ouf!

Reste donc une enquête menée de main de maître, rebondissements à l’appui. Et surtout une famille qu’il s’agira de faire parler malgré ses réticences manifestes.  Au final, Camilla Läckberg fait ce qu’elle aime et ce qu’elle réussit plutôt bien: elle axe son histoire sur la psychologie de groupe (de famille, pourrait-on dire) et joue avec finesse avec des personnages complexes dont les motivations sont opaques. C’est ce qui fait tout l’intérêt du « Prédicateur ».

Dragon.

La critique de « La Princesse des glaces » par votre serviteur.

Crédit photo: Claudio.Ar sur Flickr.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :