La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

Culture en miettes (2) : le char de Juggernaut

Posted by Van Breukelen sur 2 juillet 2009

Ce juggernaut a tout d'un "comic"

Ce juggernaut a tout d'un "comic"

Mes petits pères, c’est en regardant l’autre jour Federer humilier Karlovic – « ce n’est pas du tennis » a affirmé notre héraut de ce sport à propos du géant croate – que j’ai pensé au char de Jaggernaut. Qui est en fait plus connu sous le nom de Juggernaut. Enfin, pour ceux qui connaissaient.

Faut quand même dire que Juggernaut est la traduction française du sanskrit Jagannâtha, un des noms de Krishna est que la mythologie gréco-latine n’y est pour rien cette fois. Il a fallu que je lise un auteur québécois pour tomber sur cette expression. Ce qui est révélateur de l’imprégnation anglo-saxonne outre-Atlantique puisque l’expression semble assez connue en anglais. Le char de Juggernaut désigne un engin sous lequel on passe inéluctablement, l’engin en question étant inarrêtable – Wikipédia dit instoppable, mais aucun des deux adjectifs ne semble exister chez mon ami Robert, le gros.

Bref, cette machine à faire de la chair à pâté inspire du monde puisqu’il désigne le nom d’un camion américain, d’un groupe de trash metal et d’un catcheur. Ainsi qu’un tank dans Star Wars, un personnage de comics et un film avec Boris Karloff. Vous voyez l’appropriation dans la culture de masse américaine sensible sans doute à cette idéologie de la victoire à tout prix. Mais j’extrapole, voire je saoûle comme certains commentateurs acerbes de ce blog me le disent.

Il reste que la circulation de ce char (sic) dans la langue anglaise provient de la colonisation de l’Inde. Le flegme britannique a dû être mis à l’épreuve en entendant parler de ce rituel de la ville de Juggernaut dans lequel était poussé un char monumental (16 roues de 2 m 50 de diamètres quand même) poussé par des dévôts et qui, selon la légende, voyait d’autres dévôts  se jeter sous les roues dudit char, moyen express pour fusionner le dieu et le fidèle qui colle ainsi aux roues.

Jules Verne en parle dans son « Tour du monde en 80 jours ». Peu amène le Jules : « Autour de la statue s’agitait, se démenait, se convulsionnait un groupe de vieux fakirs, zébrés de bandes d’ocre, couverts d’incisions cruciales qui laissaient échapper leur sang goutte à goutte, énergumènes stupides qui, dans les grandes cérémonies indoues, se précipitent encore sous les roues du char de Jaggernaut ».

Van Breukelen

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3 Réponses to “Culture en miettes (2) : le char de Juggernaut”

  1. Anonyme said

    Tiens moi j’avais l’impression que cela ressemblait à une vague Jagerschnitzel pour internaute mais à considérer la photo, ça coupe l’appétit. Pire que la gueule de Sarkozy dans ses meilleurs jours.

  2. Beulemans said

    L’anonyme, c’est Beulemans qui a fait une fausse manip!

  3. patoudoux said

    La photo fait effectivement penser à un comics, pas très éloigné d’ailleurs d’un certain Hulk…

    Et puis dans les références à Juggernaut, je signale un autre groupe de musique (électro celui-là) qui porte le doux nom de Midnight Juggernauts.

    Et bravo van B. pour cet éclairage historico-philosophique!

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