La culotte à l’envers

Regards sur notre monde

J’aime j’aime pas (2): des orages d’été à la crème brûlée

Posted by blongo sur 18 juillet 2009

Badaboum!

Badaboum!

Quelques semaines après un premier regard sur le quotidien, ses petites douceurs et ses grands tracas, voici une deuxième version de J’aime j’aime pas. Toujours aussi subjectif, toujours sans prétention.

J’aime les orages d’été: rien de plus grisant à regarder du coin de son balcon. Surtout de nuit. Des éclairs toutes les dix secondes, des coups de tonnerre à faire trembler les éléphants, de la pluie à n’en plus finir. Le spectacle est toujours magnifique. On pense que cela ne s’arrêtera jamais, on entrevoit des peurs de fin du monde, on s’imagine dans un film d’horreur, on distingue des ombres inquiétantes au bas du mur d’en face. Le mieux, c’est quand la lumière est brutalement coupée après un nouveau coup de Trafalgar. La quête effrénée des bougies, la panique jubilatoire et les moments particuliers à la lumière chancelante de la flamme. Mais il me semble que c’est de plus en plus rare; les fils électriques seraient-il devenus plus vigoureux?

J’aime pas les orages d’été: faut pas déconner, ça fait quand même un petit peur cette histoire d’orages. Surtout de nuit. On tremble à chaque coup de tonnerre, on enrage de ne pas pouvoir dormir, on grogne de voir tomber de la grêle sur sa voiture. Et on est mouillé, désespérément mouillé. Et cela sans parler des éboulements, des caves inondées et des trains en carafe. Orages au désespoir…

J’aime percer la crème brûlée avec le dos de la cuillère: elle avait bien raison, Amélie Poulain, ce moment est des plus suaves. On appuie déjà un tout petit peu pour voir la solidité de cette petite couche brunâtre. Puis on y va plus franchement pour arriver au point de rupture. Et enfin, on presse de toutes ses forces ou presque pour que toute la surface de la divine crème éclate. La glace jaune définitivement trouée, on peut aller pêcher le divin poisson laiteux. Boudiou, rien que d’en parler, ça donne envie de faire une petite escapade du côté de Barcelone, où ils réussissent incontestablement la meilleure crème du monde.

J’aime pas les gens qui méprisent l’orthographe: il est un principe auquel personne ne devrait déroger, sous peine de prison, perte des droits civiques et lourde amende, celui d’écrire dans un français correct et sans fautes grossières. Personne n’est à l’abri d’une inattention ou d’une distraction, certes, mais il y a des limites à ne pas franchir. Les génies qui écrivent des sottises sur les murs ou dans les bus ne peuvent s’empêcher de glisser les erreurs les plus grossières. Là, je crois qu’on va me traiter de gros réac, mais bon. Et on ne parle pas des sms. Blongo n’arrive pas à abréger un mot, mais il est peut-être un peu rigide. Mais de là à tout écorcher pour gagner quelques signes au point d’être incompréhensible. Cela devient parfois presque joli, mais souvent désolant. Et le pire, on le constate sur les commentaires des blogs et des articles de journaux: non mais franchement, c’est vraiment la honte d’écrire si mal. A croire que certains font exprès d’accumuler le plus d’erreurs possible!

Un indémodable couple

Un indémodable couple

J’aime relire les Tintin: on a beau dire ce qu’on veut sur Hergé, il reste l’un des maîtres de la BD, l’un des pères de tous les autres bédéistes. Revoir le reporter à la houppette se dépatouiller avec l’infâme Rastapopoulos, savourer les chutes à répétition des Dupondt sur les quais de la Chine lointaine, écouter Tournesol nous répéter d’aller un peu plus à l’ouest, découvrir les plus délicieux jurons du Capitaine Haddock. Du bonheur. On les a lus une cinquantaine de fois, mais on ne s’en lasse pas. Avec toujours un petit faible pour « Les Cigares du Pharaon », « Le Lotus bleu », « Les sept boules de cristal », « Le Temple du soleil » et « Les bijoux de la Castafiore ». Ah je ris de me voir si belle en ce miroir, espèce de moule à gaufre!

J’aime pas les gens qui n’utilisent pas de marque-page: un livre c’est comme l’orthographe, Tintin et la crème brûlée, c’est sacré. Ceux qui y contreviennent s’exposent à des orages plus forts que les petites ondées estivales. Non, mais c’est vrai. Un livre, c’est élégant et noble et il faut le respecter. Le poser n’importe comment, le mouiller dans sa baignoire, laisser des taches de chocolat ou écorner les coins de page, c’est un scandale pur et simple. Certains arguent qu’il faut les laisser vivre, c’est absolument faux. Point final!

blongo

Crédit photos: af et gianfrancogoria sur flickr

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2 Réponses to “J’aime j’aime pas (2): des orages d’été à la crème brûlée”

  1. patoudoux said

    Cher blongo,

    J’apprécie ta chronique mais je ne suis absolument pas d’accord avec ta dernière remarque sur les livres. Ceux-ci doivent prendre l’air, l’eau, le chocolat et se retrouver froissés, écornés et tachés après une lecture. Si j’arrive à la fin d’un livre et qu’il n’est pas dans un sale état, j’ai toujours l’impression de ne pas l’avoir lu correctement…

    Il faut les laisser vivre, c’est absolument vrai!

    • blongo said

      C’est FAUX absolument et définitivement FAUX. Rien de pire que retrouver des taches suspectes sur un beau livre immaculé. Ou pire des miettes de croissants ou de la bave de vieil édenté. C’est un livre bon dieu, pas un plateau-repas.

      Quand à plier les coins, je resterai intransigeant.

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