La culotte à l’envers

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Posts Tagged ‘Politique suisse’

Suisse-Libye: des otages, de la promesse et du silence

Posted by Van Breukelen sur 9 septembre 2009

merzDe mémoire d’homme, on n’a jamais vu la diplomatie suisse aussi malmenée dans une tempête médiatico-politique qui semble échapper à tout contrôle, se livrer à toutes les rumeurs pour remplir le vide du silence radio des politiques. L’affaire Thomas Borer n’était que de la roupie de sansonnet. Trois éléments au moins m’interpellent: la sémantique du mot otage, la lecture d’une probabilité comme d’une promesse et le choix du silence en communication de crise.

La Libye, en guise de représailles par rapport à l’arrestation aussi ferme que justifiée du fils du colonel Khadafi à Genève, retient selon toute évidence deux hommes, brièvement arrêtés, avant d’être libres de circuler en Libye. Ces hommes ne peuvent pas quitter le pays en raison d’une supposée infraction aux lois sur l’immigration libyennes. Curieusement, ces hommes n’ont pas fait le centre de l’actualité pendant des mois: pas de Marcel Carton ni de Florence Aubenas surmédiatisés en terre helvétique. Il faut dire qu’ils sont libres de leurs mouvements, que personne ne craint pour leur vie et que leurs familles en Suisse se terrent dans le silence de plomb. Plus même, si on en croit la Tribune de Genève du jour, un des deux Suisses serait un proche du pouvoir en Libye et aurait même pu quitter le pays pour des vacances en famille en Tunisie ! Lire le reste de cette entrée »

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Pascal Couchepin, le roi déchu

Posted by le fureteur sur 19 mai 2009

Louis XVITrente francs à chaque visite chez le médecin: Pascal Couchepin en est convaincu, sa taxe de consultation est le remède miracle pour éviter l’explosion annoncée des primes maladie. Rien ne sert d’évoquer l’exemple allemand – un monumental échec – pour décourager le roi de la Santé d’imposer sa mesure en Suisse : ce dernier fait partie de ces gens qui ont « génétiquement raison », pour reprendre les termes de la présidente de la Fédération romande des consommateurs (FRC) Monika Dusong.

En réalité, la taxe de consultation n’est qu’un emplâtre sur une jambe de bois. Comme le soulignent en choeur les quatre grands acteurs de la santé – assureurs, médecins, hôpitaux et cantons -, le véritable potentiel d’économies est ailleurs. Il se situe tout d’abord dans le domaine des médicaments, où des centaines de millions de francs peuvent être épargnés chaque année. Mais pour cela, il faut s’attaquer au puissant lobby pharmaceutique, ce que Sa Majesté Couchepin n’a jamais eu le courage de faire.

Le traitement et le suivi des maladies chroniques, qui représentent une forte part des coûts de la santé, est l’autre grand domaine dans lequel d’énormes économies sont possibles. Sur cette question, alors que la taxe de consultation est absolument inopérante, le modèle prôné par la FMH et les cantons – les réseaux de soins – semble très prometteur. Malheureusement, Pascal Couchepin, davantage tyran despotique que monarque éclairé, n’a jusqu’ici pas donné son blanc-seing à cette proposition. Lien de consanguinité avec santésuisse oblige?

Toujours est-il que Pascal Couchepin, enfermé dans ses certitudes, n’a jamais paru aussi isolé, abandonné de tous. Lors de son arrivée au ministère de l’Intérieur en 2003,  le Valaisan avait pourtant suscité de vifs espoirs. Aujourd’hui, son trône vacille. Le souverain de Martigny n’a jamais vraiment inspiré confiance à ses sujets mais, avec sa taxe de consultation, il risque bien de perdre aussi le soutien des puissants, voire même celui de sa propre famille. Il flotte comme une atmosphère de fin de règne au royaume de la Santé.

le fureteur

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L’art de la surprise, par Samuel Schmid

Posted by Van Breukelen sur 13 novembre 2008

schmidActuellement dans le plat pays qui est parfois le mien, j’apprends au détour d’un saut virtuel sur un remarquable site d’actualité suisse que Samuel Schmid, le ministre de l’armée dont tout le pays spéculait sur la démission, a démissionné. Oui mais oui mais attends. Entre le moment des spéculations et le moment de l’annonce, il y a eu quand même une vive campagne de dénégation à tel point que l’info s’était dégonflée sans même regonfler alors que le ministre en question subissait l’ablation de la vésicule biliaire.

Alors, je me suis dit qu’un petit flash-back dans la presse écrite s’imposait. Car on notera quand même que l’édition du 12 novembre du Temps – c’est donc le jour de la démission – annonçait :

Remis de son opération de la vésicule biliaire, Samuel Schmid a donc assisté à la séance. Cette décision permet à son horizon politique de s’éclaircir.

J’imagine le pauvre confrère qui pensait avoir du nez et vient de se prendre une tatane dans le pif. Pour le consoler, on lui dira qu’il n’est pas le seul. Ainsi Le Matin du 4 novembre affirmait avec force dans un éditorial :

Ouf, nous voilà rassurés. Samuel Schmid l’a promis ce week-end: sa démission n’est «pas un thème». Il va rester. Il a même toutes les chances d’être bientôt nommé vice-président du Conseil fédéral, et président de la Confédération en 2010. Un vrai bonheur.

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Libelle de la pingrerie helvétique

Posted by patoudoux sur 14 juillet 2008

Or de la BNS

A la BNS, des lingots et encore des lingots...

La Suisse roule sur l’or, au propre comme au figuré. Pendant que la Banque nationale suisse dort sur des dizaines de milliards en lingots – bien qu’elle ait déjà distribué une bonne partie de ses 1300 tonnes d’or -, la Confédération helvétique jouit d’une solide économie  – malgré les déboires de l’UBS – et figure parmi les rares pays sur terre, si ce n’est le seul, à avoir bouclé ses comptes dans le noir depuis deux ans. Deux milliards et demi de francs (2’500’000’000) de bénéfice en 2006, quatre milliards (4’000’000’000) en 2007. Et les prévisions extrêmement prudentes de ce cher ministre des Finances Hans-Rudolf Merz, le picsou des Alpes, ne sont pas mauvaises du tout : +1,4 milliard pour 2009, +500 millions en 2010, +1,5 mrd en 2011 et +1,8 mrd en 2012.

Ce constat pour dénoncer l’impressionnante avarice de nos patrons à millions, pas foutus de comprendre que des augmentations de salaires significatives favorisent la consommation et donc la croissance, et surtout pour clouer au pilori la pingrerie de notre Hans-Rudolf Merz des savanes et sa clique des Sept Sages. Certes, il faudra bien effacer un jour notre dette (230 milliards en 2006, un peu moins aujourd’hui, soit moins de 50% du PIB) pour éviter de payer des intérêts à n’en plus finir. Quoique… Un éminent économiste dont le nom m’échappe a concédé dernièrement qu’une dette raisonnable (ce qui est le cas de la Suisse) ne faisait de mal à personne. Quand on pense que le trou français, selon l’INSEE, se monte à  2000 milliards de francs (environ 65% du PIB), et on ne parle même pas de celui des Etats-Unis (9000 milliards de francs fin 2007, également 65% du PIB), on se dit qu’on a de la marge. Non mais, faut pas pousser pépère Merz dans les orties!
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La censure, une sangsue sans solution

Posted by Van Breukelen sur 19 mai 2008

La campagne sur les naturalisations dites démocratiques – ah les infinies possibilités du langage – bat son plein. En gros, il s’agit d’autoriser légalement le délit de sale gueule, voire de sale nom et de déclarer que le citoyen lambda peut décréter le citoyen non-lambda voire un peu plus sur les bords indigne du passeport rouge à croix blanche. La campagne nauséeuse de l’UDC, dont a parlé le fureteur ici-même, renoue avec les affiches des années trente mettant en scène des mains coupables d’envie.

Du coup, une action de graffitage d’affiches a été organisée ainsi que des interdictions d’affichage décrétées par certaines communes. Sur le principe, on peut comprendre. On peut même estimer que l’affiche est limite par rapport à l’article de loi sur le racisme. Et donc proclamer qu’on a la loi pour soi. Oui, mais…

Maculer les affiches ou les interdire ne consiste pas seulement à protester. Cela consiste à ne pas contre-argumenter et à avouer sa peur de l’influence des affiches malodorantes. La censure, affirme Wikipédia, est la limitation arbitraire ou doctrinale de la liberté d’expression de chacun. Croire que l’on va résoudre les problèmes en vidant l’affiche de sa substance par des procédés de censure n’est rien d’autre qu’avouer que l’affiche dénoncée est persuasive et que l’on a pas d’autre moyen d’imposer sa propre vision du monde que d’interdire une vision adverse. Corollaire: censurer l’affiche consiste à de nouveau en parler. Merci pour la publicité gratuite doit se dire l’UDC qui a bien sûr communiqué sa colère par rapport à de tels actes, communiqué qui a bien sûr été repris par tous les médias et qui a donc fait connaître à certaines personnes les actions entreprises contre l’affichage public.

Censurer, avouer sa peur de l’efficacité de l’affiche, revient à considérer les citoyens comme des moutons. Ce que l’UDC a d’ores et déjà démontré par une affiche qui a assez fait parler d’elle. En voulant donner tort au parti populiste, on lui donne paradoxalement raison. Et on montre qu’on ne cesse de se faire écraser par le bulldozer communicationnel du Volks Partei.

Herman van Breukelen

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