La culotte à l’envers

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La Suisse et ses minarets, ou comment la démocratie de l’isoloir se fait bien voir à l’étranger

Posted by blongo sur 30 novembre 2009

L'affiche de l'UDC a encore fait peur aux plus naïfs

L’information n’aura échappé à personne, les Suisses ne souhaitent pas voir de nouveaux minarets dans leur sacro-saint territoire. Et pas une mince minorité, tous les cantons à quelques exceptions près. Soit, c’est la démocratie qui décide et il faut la respecter. Mais cela met deux choses en avant que l’on ne peut passer sous silence. La force de la démocratie silencieuse et l’image donnée à l’étranger.

Tout d’abord, c’est assez fou de constater qu’à part l’UDF et l’UDC (et même pas tous ses membres), tous les partis prônaient le rejet de cette initiative anti-minarets. Idem pour les milieux économiques et culturels. Mais en discutant ici ou là, on sentait poindre une frange grandissante de la population qui voulait exprimer par là une peur (ou un rejet net) des musulmans. Personne ne le disait à très haute voix, à part « ces sales racistes de l’UDC, mais nous on n’est pas comme ça, c’est différent ». Et pourtant, à force de ne rien dire, on n’en pense pas moins et dans le confinement douillet de l’isoloir, certains ont pu crier leur avis à une foule énorme composée d’un stylo, d’une feuille et d’un rideau rouge. Bravo, le courage…

Cette votation a aussi une conséquence assez dramatique sur l’image de la Suisse à l’étranger. Il faut néanmoins préciser que l’Helvétie, de part sa démocratie directe, est le seul pays à organiser des votes populaires sur des sujets aussi délicats. Si un scrutin identique était à l’ordre du jour chez nos voisins français ou autrichiens, le résultat serait, assurons-le, du pareil au même. La force discrète de l’isoloir, encore une fois. Mais bref, il n’en reste pas moins que les commentaires parus dans la presse et sur le web au lendemain de ce rejet des minarets sont éloquents. Petit tour d’horizon.

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Et le conditionnel, bordel ?

Posted by Van Breukelen sur 13 février 2009

liesJ’utilise rarement un juron dans mes articles, mais quand même, il y a des trucs qui m’énervent beaucoup et qui justifient ce titre dont la basse vulgarité est compensée par un effet de rime qui me vaudra, j’espère, votre pardon.

A l’inverse de ce que l’on recommande dans les écoles de journalisme, je ne vais pas aller tout de suite au fait même et vous imposerai un détour historique que je crois révélateur. Suivez-moi.

L’affaire du RER D, vous vous souvenez ? Il y a quelques années de cela,  en juillet 2004, une jeune femme a affirmé avoir été violée par six banlieusards devant des passagers passifs et sous des insultes antisémites car les violeurs la croyaient juive. Tout cela avait été rapporté ainsi par Libération:

Antisémitisme

Violentée devant des passagers passifs

Une jeune femme de 23 ans, accompagnée de son bébé de 13 mois, a été agressée vendredi dans le RER au nord de Paris, par six banlieusards qui la croyaient juive.

Il se trouve que l’agression était complètement imaginaire et que les médias ont dû se confondre en excuses pour avoir pris la parole de la jeune femme comme vraie. L’histoire était tellement effroyable qu’elle en devenait intéressante et même crédible. On notera que Libération ne met pas de conditionnel dans son sous-titre, donnant ainsi à l’histoire le poids de la vérité quand bien même l’article continuait par :

Les enquêteurs de la police judiciaire de Versailles (Yvelines) assuraient, hier, ne disposer que de son unique témoignage pour tenter de retracer l’agression d’une «petite Blanche lambda de 23 ans avec son bébé». «Aucun autre témoin ne s’est signalé, s’étonnait un haut responsable de la SNCF. Ni physiquement dans les gares, ni par téléphone, ni aux bornes d’appel situées sur les quais.»

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L’UDC n’aime ni les étrangers, ni les animaux. Après les moutons, les corbeaux…

Posted by blongo sur 2 janvier 2009

Pour sa nouvelle campagne contre la reconduction de l’accord sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne et son extension à la Roumanie et à la Bulgarie, l’Union démocratique du centre (qu’il serait une fois bon de renommer en Union tout court, car le reste de l’appellation est plus que bancale) a cette fois décidé d’exhiber de vilains corbeaux menaçant la si douce Suisse. Après des mains d’étrangers tentant d’agripper des passeports suisses et surtout la fameuse affiche des moutons blancs repoussant des moutons noirs hors de Suisse, l’UDC a choisi des volatiles intimidants pour soutenir ses thèses anti-européennes et anti-étrangers. Que l’ont soit pour ou contre la libre circulation, le procédé est une fois de plus nauséabond.

Pour dire non à la libre circulation, l’UDC a donc mis en scène trois corbeaux noirs, très noirs, et à l’oeil noir, très noir, qui s’apprêtent à picorer une Suisse rouge à croix blanche et distinctement fermée au monde extérieure. Avec en plus le slogan « Ouvrir la porte aux abus? Non! » Une fois de plus, l’affiche n’a rien à voir avec le sujet: elle ne dit pas non aux bilatérales ou à la libre circulation, elle dit non au Roumain, au Bulgare, à l’autre, à l’étranger, au noir. L’étranger, celui qui n’est pas Suisse et qui en plus n’a pas une couleur de peau bien blanche, est vu comme un rapace, un pique-assiette, un danger. On ne parle pas Europe, économie ou chômage, on parle rejet, discrimination, hostilité franche et ouverte. La vilaine cuisine électoraliste de l’UDC est connue, c’était déjà pareil avec les moutons et les passeports. On n’aborde pas vraiment le contenu de la votation, mais on préfère des symboles certes évocateurs et percutants, mais surtout généralisateurs et xénophobes.

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Entre la peste et le choléra, le parlement a fait l’erreur de choisir

Posted by patoudoux sur 11 décembre 2008

Ce sera donc le choléra! Ou la peste, peu importe…  C’est bonnet blanc et blanc bonnet.  Le parlement avait le choix entre Ueli Maurer et Christoph Blocher, deux pontes de l’Union démocratique du centre. Et bien une année après l’éviction de Christoph Blocher, l’Assemblée fédérale a élu Ueli Maurer, ancien chef de meute de l’UDC, pour succéder au démissionnaire Samuel Schmid. En français dans le texte, c »est donc  le retour en force de l’UDC au gouvernement. Ce parti qui représente un tiers de l’électorat suisse, soit la formation la plus importante du pays. Et qui, contrairement à ce que son nom laisse supposer, se situe très à droite de l’échiquier politique. Voici pourquoi je crains le retour de l’un des durs de ce parti au gouvernement.

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L’art de la surprise, par Samuel Schmid

Posted by Van Breukelen sur 13 novembre 2008

schmidActuellement dans le plat pays qui est parfois le mien, j’apprends au détour d’un saut virtuel sur un remarquable site d’actualité suisse que Samuel Schmid, le ministre de l’armée dont tout le pays spéculait sur la démission, a démissionné. Oui mais oui mais attends. Entre le moment des spéculations et le moment de l’annonce, il y a eu quand même une vive campagne de dénégation à tel point que l’info s’était dégonflée sans même regonfler alors que le ministre en question subissait l’ablation de la vésicule biliaire.

Alors, je me suis dit qu’un petit flash-back dans la presse écrite s’imposait. Car on notera quand même que l’édition du 12 novembre du Temps – c’est donc le jour de la démission – annonçait :

Remis de son opération de la vésicule biliaire, Samuel Schmid a donc assisté à la séance. Cette décision permet à son horizon politique de s’éclaircir.

J’imagine le pauvre confrère qui pensait avoir du nez et vient de se prendre une tatane dans le pif. Pour le consoler, on lui dira qu’il n’est pas le seul. Ainsi Le Matin du 4 novembre affirmait avec force dans un éditorial :

Ouf, nous voilà rassurés. Samuel Schmid l’a promis ce week-end: sa démission n’est «pas un thème». Il va rester. Il a même toutes les chances d’être bientôt nommé vice-président du Conseil fédéral, et président de la Confédération en 2010. Un vrai bonheur.

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Trois claques en chambre insonorisée

Posted by Van Breukelen sur 2 juin 2008

Les Suisses ont refusé ce week-end trois objets de votations émanant plus ou moins directement des populistes de l’UDC, qui, acceptés, auraient profondément modifié le pays. Les trois objets de votation avaient en commun l’idée d’un déplacement du pouvoir. Naturaliser par le peuple au lieu de passer par une commission ad hoc aurait déplacé le pouvoir de ceux à qui on l’a confié vers ceux qui le confiaient jusqu’ici, c’est-à-dire les citoyens. Supprimer le libre choix des médecins aurait confié le pouvoir aux caisses-maladie en lieu et place de tout un chacun. Enfin, empêcher le gouvernement de se prononcer sur des objets de votation aurait supprimé le pouvoir de l’exécutif de ce pays pour le confier à d’autres – aux partis essentiellement. Si ces étranges transitions de pouvoir avaient été acceptées, on aurait vu un message pour le moins paradoxal, deux objets plaidant pour le retrait de la confiance aux élus au profit du « peuple », et l’un, sur la santé, pour le retrait de la confiance de ce même peuple dans leur discernement et leurs choix médicaux au profit d’entreprises lucratives que sont les assurances. Paradoxal en apparence puisque cela reste très cohérent avec une politique ultra-libérale: moins d’Etat mais plus pour les entreprises. Il ne reste pas moins que le peuple dont l’UDC se dit sans cesse soucieux est le parfait ludion de l’affaire. Lire le reste de cette entrée »

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La censure, une sangsue sans solution

Posted by Van Breukelen sur 19 mai 2008

La campagne sur les naturalisations dites démocratiques – ah les infinies possibilités du langage – bat son plein. En gros, il s’agit d’autoriser légalement le délit de sale gueule, voire de sale nom et de déclarer que le citoyen lambda peut décréter le citoyen non-lambda voire un peu plus sur les bords indigne du passeport rouge à croix blanche. La campagne nauséeuse de l’UDC, dont a parlé le fureteur ici-même, renoue avec les affiches des années trente mettant en scène des mains coupables d’envie.

Du coup, une action de graffitage d’affiches a été organisée ainsi que des interdictions d’affichage décrétées par certaines communes. Sur le principe, on peut comprendre. On peut même estimer que l’affiche est limite par rapport à l’article de loi sur le racisme. Et donc proclamer qu’on a la loi pour soi. Oui, mais…

Maculer les affiches ou les interdire ne consiste pas seulement à protester. Cela consiste à ne pas contre-argumenter et à avouer sa peur de l’influence des affiches malodorantes. La censure, affirme Wikipédia, est la limitation arbitraire ou doctrinale de la liberté d’expression de chacun. Croire que l’on va résoudre les problèmes en vidant l’affiche de sa substance par des procédés de censure n’est rien d’autre qu’avouer que l’affiche dénoncée est persuasive et que l’on a pas d’autre moyen d’imposer sa propre vision du monde que d’interdire une vision adverse. Corollaire: censurer l’affiche consiste à de nouveau en parler. Merci pour la publicité gratuite doit se dire l’UDC qui a bien sûr communiqué sa colère par rapport à de tels actes, communiqué qui a bien sûr été repris par tous les médias et qui a donc fait connaître à certaines personnes les actions entreprises contre l’affichage public.

Censurer, avouer sa peur de l’efficacité de l’affiche, revient à considérer les citoyens comme des moutons. Ce que l’UDC a d’ores et déjà démontré par une affiche qui a assez fait parler d’elle. En voulant donner tort au parti populiste, on lui donne paradoxalement raison. Et on montre qu’on ne cesse de se faire écraser par le bulldozer communicationnel du Volks Partei.

Herman van Breukelen

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Naturalisation: les recettes pourries de la droite populiste

Posted by le fureteur sur 15 avril 2008

C’est dans les vieilles casseroles qu’on fait les meilleurs soupes, affirme le dicton populaire. Lors des élections fédérales d’octobre dernier, la droite populiste helvétique avait fait sienne cet adage, ressortant du congélateur le même programme que quatre ans auparavant: moins de dépenses, moins d’impôts, plus de sécurité. Le tout, bien entendu, saupoudré d’un zeste de Blocher. Les ingrédients étaient rances, mais la sauce avait pris.

Aujourd’hui, le premier parti de Suisse retourne au fourneau et s’apprête à nous resservir un vieux morceau faisandé sous forme d’affiche électorale. S’opposant à un octroi plus facile de la citoyenneté suisse, ladite affiche en avait dégoûté plus d’un en 2004: des individus basanés plongeaient leurs mains avides dans un récipient garni de passeports à croix blanche. La naturalisation n’est pas la soupe populaire, disait l’UDC, la nationalité suisse est un produit de luxe.

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